L’universitaire Sandra Mallet présente une synthèse globale sur la façon dont l’urbanisme, l’aménagement, les « politiques urbaines » sont confrontées aujourd’hui au présentisme, et plus largement, quels enjeux cette vitesse met à découvert.
Le temps de l’urbanisme « présentiste », l’effacement de l’urbanisme progressiste, laisse pendant une question : le plan contre le projet ? Et plus encore, quel type d’élaboration, quel rôle des populations dans (et pas seulement avec) les politiques urbaines ? L’actualité montre comment toute « transition » peut être révoquée, niant tout effet de l’anthropocène. Le temps produit des politiques urbaines ; il est acteur de celles-ci. Temps sociaux, temps dans les sciences sociales, la littérature vient en appui. Accélérations et dissociations interrogent cette « ville à la carte » et ses rythmes urbains.
L’auteur nous livre un état de l’art, intégrant bureaux des temps et « slow city », bien utile. On notera d’intéressantes synthèses sur les usages temporaires ou les dispositifs type AMI ou APUI. Promouvant une modestie intelligente, l’auteure montre dans un exemple comment les rythmes du privé ont inversé les rapports de forces et affaibli les collectivités. L’accélération de la fabrique urbaine en dépossède plus d’un·e…
Deux absences étonnantes dans cet ouvrage documenté : l’association Tempo territorial qui a introduit et vulgarisé en France les temps de la Ville. Et l’urbaniste sociologue François Ascher, pourtant pionnier en la matière.
Le temps est essentiel à construire la ville ; comme les ruralités. Et comme leurs rapports.
Patrick Vassallo
Sandra Mallet, Politiques urbaines de l’accélération, Editions de l’Aube, 2024, 306 p., 24€


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