Y a-t-il une nouvelle internationale fasciste ? 

Au long de son dernier livre Ugo Palheta met en évidence que si le fascisme fut un mouvement global durant les années 30, le néo fascisme d’aujourd’hui n’est pas tant l’addition des fascismes nationaux mais qu’il est d’ores et déjà une internationale.

Le fascisme du XXIe siècle multiplie les formes d’existence, les groupes intellectuels, les formations factieuses et violentes, les milices armées aussi bien que les gros bataillons électoraux. Ces diverses forces ont entre elles certes des relations d’envergure nationale mais elles ont désormais entre elles et à destination de leurs populations respectives des outils rhétoriques à la fois à usage national et en même temps largement globalisé à usage des diverses régions du monde. Régions du monde qui tour à tour sont l’objet de l’installation de groupes fascistes, de partis fascistes qui ambitionnent la prise de pouvoir. Ainsi circulent sur la planète des mots des images des idées des styles des rapports à la nation désormais globalisés.

Certes les partis fascistes d’aujourd’hui ont abandonné les formes de leurs ancêtres du siècle dernier. Néanmoins Ugo Palheta pointe une caractéristique fondamentale que partage le fascisme des années 30 avec celui d’aujourd’hui. Il montre combien ces formes partisanes savent gagner en audience en se présentant comme des forces capables de « défier » le système mais aussi de rétablir l’ordre et la loi. Cette présence sur deux fronts permet tout à la fois de s’adresser aux classes populaires tout en donnant des garanties fondamentales aux couches conservatrices.

Catherine Destom-Bottin

La Nouvelle Internationale fasciste, Ugo Palheta,  EditionsTextuel, Sept 2022, 96 pages, 13,90 €

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