Après des rappels historiques sur un sujet rarement traité, cet opuscule met quelques points sur les i de travesti à transsexualisme, qui aident à distinguer des termes souvent confondus, parfois confusément maltraitants. Pas si marginal que ça, le transsexualisme génère des évolutions comme la montée des identifications non binaires, en particulier chez les jeunes  après la dépénalisation, la démédicalisation qu’accompagne une explosion significative depuis les années 2000 du mouvement associatif trans, militant, libéré de la « pathologisation ».

L’état des lieux de la transphobie, de l’école à la santé, présente le tableau des discriminations à éradiquer. Quant aux médias, les représentations, avancées, leurs limites sont précisées.

Les transidentités n’échappent pas aux controverses qui traversent l’ensemble du champ anti discriminations. Quelles frontières avec le féminisme ?  par exemple.

La sociologie des transidentités est à peine ébauchée. Avec raison l’auteur prône son élargissement, son intersectionnalité et souligne le passage de l’objet trans au sujet. Un champ stimulant pour la sociologie comme pour la politique. Le glossaire et la bibliographie qui complètent cet ouvrage en font un bien utile référentiel.

Patrick Vassallo

Sociologie des transidentités, Arnaud Alessandrin, Le Cavalier bleu, collection Mobilisations, 2021, 136 pages, 20€

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