Horizons d'émancipation

Une piste qui remonte au conseil national de la résistance : le centre de santé mutualiste !

Le Centre de Santé Pierre Calisti a été créé peu après la Libération, par le Comité d’Entreprise des Chantiers Navals de la Ciotat. Il avait vocation à soigner l’ensemble de la population de la ville.

Il dépendait du Grand Conseil de la mutualité des Bouches du Rhône, comme les 10 autres centres de santé du département, sa clinique ses pharmacies et ses centres optiques, et était issu des valeurs du CNR. Ces centres permettaient l’accès aux soins à 200000 usagers sur le département. Dans certaines communes les usagers de ces centres représentaient 80% de la population.

Une des grandes qualités de ce centre a été de pratiquer très tôt une médecine d’équipe pluridisciplinaire avec respect du libre choix, et unité de lieu, permanence hebdomadaire d’un accueil médico-social, dossier médical commun pour les médecins généralistes et spécialistes. Une médecine considérant le patient comme un tout et non une addition d’organes. Une médecine sociale de proximité, sans dépassements d’honoraires et pratiquant le tiers payant.

Le statut de salarié des praticiens, payés au forfait et non pas à l’acte a contribué à cette éthique et à ce que le centre joue un rôle de premier plan dans les actions de prévention et de réparation : amiante, dépistage des cancers, réseau social jeunes, lutte contre les addictions.

Tout cela a été détricoté par la dérive vers la logique de l’assurance privée, initiée par les Directives européennes de 1992 et acceptée par certaines directions mutualistes. Le code de la mutualité a été modifié, avec l’accord du gouvernement Jospin, pour aligner les mutuelles sur les assurances à but lucratif et obligation a été faite aux centres d’équilibrer séparément les diverses activités. Ils se sont retrouvés en déficit financier. Aucun financement de leur activité de service public n’a jamais été fait par les collectivités publiques.

La lutte des usagers et des salariés, qui a duré des années, n’a pas réussi à les maintenir. Quel gâchis, et quelle belle revanche si on s’en inspirait pour un nouveau service public de santé !

Marianne Coudroy

PS : Merci à Nicolas Pluet pour ses documents

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