Horizons d'émancipation

Ne plus défendre les services publics ?

Oui, le titre est provocateur. Le propos vise simplement à dire qu’il nous faut être offensif, ne pas en rester à la seule action défensive… bien évidemment nécessaire tant que le rapport de force nous oblige à cela.

Ce texte ne traite pas un point essentiel, mais abordé par ailleurs : la nécessité d’un statut des travailleurs et travailleuses, car la qualité du travail, donc du service offert, est intrinsèquement liée aux conditions dans lesquelles il s’exerce. Il s’agit ici de se concentrer sur les contours des services publics. Le plus aisé concerne ce qui correspond à des activités déjà reprises dans les définitions en usage : services publics, fonction publique, entreprises publiques, missions de service public… Bien sûr, l’éducation, la santé, la poste, les transports, l’eau, l’électricité, etc., doivent être des « services publics ». Mais la vraie question n’est-elle pas de savoir quels métiers, quelles activités sont socialement utiles ? Les services d’alimentation, de nettoyage ou encore d’édition et diffusion de livres par exemple, ne correspondent-ils pas à ce besoin social ? Les boulots utiles à la collectivité sont tous des services publics et devraient être traités comme tels. Socialisation des entreprises de nettoyage ! Voilà une revendication concrète, offensive, anti-précarité, antisexiste, antiraciste. A l’inverse, ne sommes-nous pas en capacité de dire que certaines activités entrant aujourd’hui dans le champ de la fonction publique, des services publics gérés par l’État, n’ont aucune pertinence dans une perspective émancipatrice ?

C’est aux exploiteurs

d’être sur la défensive

Commencer par définir les activités socialement utiles, pour en faire nos services publics créerait une rupture avec le système en place. Il est vain d’en appeler à l’État, l’outil utilisé par les gouvernements successifs pour détruire les services publics, pour qu’ils « sauvent » ces derniers. De même, cessons de mythifier des services publics passés parfaits qui n’ont jamais existé : tracts ou journaux syndicaux « d’avant » sont remplis d’exemples le démontrant. Parler de services publics ne condamne pas à n’imaginer que nationalisations ou fonctionnariat sous la coupe de l’État. Les coopératives sont une des réponses, à condition de les inscrire dans un processus fédéral car l’autogestion ne peut se limiter au local ; des coopératives, dans lesquelles producteurs/productrices et usagers/usagères doivent décider. Pour être accessible à tous et toutes, les services publics doivent être gratuits, c’est-à-dire, en réalité, que leur coût sera pris en charge par la collectivité.

Arrêtons de « défendre » les services publics : revendiquons, gagnons, créons ! C’est aux exploiteurs d’être sur la défensive. Construisons un rapport de forces POUR ce que nous voulons.

Christian Mahieux.

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