« Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux »

René Char.

Santiago Amigorena est né en Argentine en 1962 de parents psychanalystes. Il émigre avec ses parents d’abord en Uruguay puis en France. Il est réalisateur, scénariste et écrivain. Le « Premier Exil » est son 12ème roman. Nous avions déjà, dans un récent N° de Cerises, fait un délicieux sur son précédent roman « le ghetto intérieur ». L’auteur nous dit « écrire pour combattre le silence » cette affirmation pourrait résumer le fil conducteur de toute l’œuvre de Santiago Amigorena : Solitude intérieure, enfermement, silence. Quels points communs entre le ghetto intérieur et l’exil ? Est-ce que l’écriture permet de sortir du silence ? ou au contraire permet-elle de mieux mettre à distance les affres de l’existence, pour aller sur les chemins de « l’exil de l’imaginaire » comme le dit Roland Barthes dans « Fragments d’un discours amoureux ». Ce roman se situe à la fin des années 60 et début des années 70. La famille quitte l’Argentine pour vivre provisoirement en Uruguay avant de s’installer définitivement en France quand sur tout le continent sud-américain s’installent des dictatures sanglantes (Brésil, Chili, Argentine, Uruguay, Paraguay, Bolivie). Le jeune Santiago doit apprendre une autre langue que sa langue maternelle et se familiariser avec une autre culture à l’âge où il découvre l’écriture et les premières amours. Comme le dit Santiago Amigorena « j’ai appris à donner à mon silence la forme qu’il a aujourd’hui c’est-à-dire littéraire ». C’est un roman passionnant qui retrace les luttes en Amérique du Sud, les épisodes sanglants des dictatures et l’exil d’une famille. Voici un roman qui donne de la puissance à l’ensemble de l’œuvre et nous invite à lire les autres romans, notamment « une Enfance laconique » « premier amour » et « la première défaite ».

Santiago Amigorena

Le premier exil -Edition P.O.L- août 2021

Daniel ROME

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