Drôle de titre pour un ouvrage très sérieux. Un gros mot est une expression injurieuse dont on use afin de heurter, malmener, agresser un ennemi de toujours ou du moment. C’est sous ce titre clin d’œil que Manuel Cervera-Marzal a interviewé 14 personnalités, toutes inscrites aux efforts contemporains pour penser un autre monde pour maintenant. Communisme ou communalisme, peut-on penser le changement au niveau local, national, ou mondial sinon rien ? Communisme, ça se cuisine dans la rue ou dans les urnes ? Penser une société communiste ou bien enfiler les réformes tel un collier de perles précieuses, sécurité sociale, temps de travail, congés payés, éducation, santé… Et le goulag, aux pertes et profits ? Et aussi, y-a-t-il déjà du communisme dans la sécurité sociale et les utopies concrètes qui sont d’ores et déjà à l’œuvre ?

Toutes ces questions et d’autres sont la chair du travail de Manuel Cervera-Marzal, lui-même chercheur en sciences sociales. Il présente son livre, certes comme un ouvrage collectif mais aussi  comme un ouvrage polyphonique. Dans ce sens il a choisi de rassembler quatorze figures majeures de la pensée critique contemporaine dont les propos ne fabriquent pas de l’unisson loin de là…

On lira donc les contributions de : Alain Badiou, Etienne Balibar, Pierre Dardot, Alain Deneault, Bernard Friot, Christian Laval, Chantal Mouffe, Irène Pereira, Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, Michèle Riot-Sarcey, Françoise Vergès, Sophie Wahnich et Slavoj Zizek.

Catherine Destom Bottin.

Ce gros mot de communisme, Manuel Cervera-Marzal, Éditions Textuel, Novembre 2021, 250 pages, 17,90 €

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