Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

Pas d’armée à l’école ; pas d’école à l’armée ou au service de la police

En octobre dernier, un communiqué d’AEF Info mettait en exergue un partenariat entre l’Association nationale des réservistes opérationnels et citoyens de la gendarmerie nationale (ANORGEND), des rectorats franciliens et la gendarmerie. « Grâce » à cela une soixantaine de lycéens et de lycéennes ont suivi un stage au camp militaire de Beynes, dans les Yvelines ; là où s’entraîne le GIGN. Au programme : montée des couleurs, mais aussi maîtrise sans arme, maîtrise avec arme, pourquoi taper, est-ce que j’ai le droit de taper ?, chants de la gendarmerie et tirs à balles réelles !

Un jeu ?

Le communiqué indique que « le programme ressemble à un jeu ». Apprendre à réprimer, à obéir, à servir sans discuter, etc. : étrange conception du ludisme… Cela permettrait aussi d’inculquer « les valeurs de la République ». L’agence AEF Info est dirigée par Raymond Soubie, l’ex conseiller « social » de Sarkozy. Sans doute s’agit-il d’apprendre à maitriser « la racaille », dans un esprit républicain incarné par l’œuvre de Sarkozy en la matière ?

L’Éducation nationale, réservoir de la gendarmerie et de la police

« En établissement, les enseignants les préparent aux épreuves écrites et orales des concours de la gendarmerie, de la police nationale. » Les rectorats et lycées concernés se positionnent donc comme pourvoyeurs de ces entités répressives ? Est-ce le rôle de l’Éducation nationale ?

A vot’ bon cœur…

« Les Cadets de la gendarmerie doivent monter en puissance. En 2021-2022, l’Anorgend vise 120 Cadets et souhaite passer à six établissements en s’étendant à l’Essonne[1]. En 2022-2023, l’académie de Paris devrait rentrer dans le dispositif avec le lycée Buffon. En 2024, l’objectif est d’atteindre 200 Cadets. Hors préparation aux concours et encadrement des réservistes financés par la gendarmerie, le coût d’un Cadet est évalué à 2 500 euros sur une année scolaire (habillement, hébergement, nourriture, frais de transport). L’Anorgend lance un appel aux collectivités, entreprises et associations pour soutenir son développement. » Sans commentaire.

Pour l’éducation et l’émancipation

Les jeunes et le personnel de l’Éducation nationale ne sont pas au service des forces répressives de l’État, chargées de garantir le maintien de l’ordre capitaliste, les profits des exploiteurs, les discriminations et les oppressions liées. « Pas d’armée à l’école », disaient les opposantes et opposants au premier protocole armée/école en 1982 ; « pas d’école à l’armée ; pas d’école au service de la police », doit-on ajouter.

Non au Service national universel

De nombreuses organisations associatives, syndicales, politiques, culturelles refusent le Service national universel que le gouvernement veut rendre obligatoire pour les jeunes de 16 ans et participent au collectif national Non au SNU ! Si l’objectif des 30 000 n’a pas été atteint en 2020 (14 653 volontaires) le gouvernement n’en a pas moins décidé qu’il en faudrait 50 000 en 2022, pour accélérer le processus vers le caractère obligatoire.

 [Extrait de la plateforme unitaire] Le SNU est une opération de soumission de jeunesse, la remise en cause de droits des travailleurs et travailleuses, des dépenses considérables, le renforcement de la militarisation. Le gouvernement nous dit : Il faut que les jeunes s’engagent. Mais c’est déjà le cas ! Ils et elles s’engagent pour lutter contre le racisme, pour que cesse la destruction de la terre, pour défendre leur droit à étudier, pour le partage des richesses, pour le droit au logement, pour l’égalité des droits et contre les discriminations, etc. Ce n’est pas à l’État de les forcer à s’engager ! Comment peut-on parler d’apprendre la citoyenneté, lorsqu’on confie l’encadrement à l’armée ?

Christian Mahieux


[1]                Sont engagés dans le dispositif : dans l’académie de Versailles, le lycée professionnel du Vexin de Chars et le lycée C. Baudelaire de Fosses (Val d’Oise), le lycée L. Blériot de Trappes et le lycée J. Verne de Sartrouville (Yvelines). Dans l’académie de Créteil, un seul un lycée est actuellement concerné : Joliot-Curie à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne).

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