Débats

Entre lendemains qui chantent et « déjà là »

Toute l’histoire du « mouvement ouvrier » et révolutionnaire est striée d’une controverse et de tensions entre mouvement et/ou velléités de rupture avec le système et initiatives plus ou moins autogérées de changement immédiat.

Entre lendemains qui chantent et « déjà là », que nous disent ces utopies concrètes que l’affaissement des espoirs de « grands changements » et des politiques globales a de nouveau stimulé ?

Comment ces utopies concrètes indiquent-elles du « déjà là » et peuvent-elles donner envie ou tout simplement une idée de ce qu’on a appelé les lendemains qui chantent ? Sur quoi, sur qui, comment peut-on s’appuyer sur ces utopies concrètes, alternatives, quotidiennes pour articuler une dynamique d’émancipation vers ce que nous appelons le post-capitalisme ?

Avec des acteurs et actrices de ces utopies concrètes, Cerises ouvre ce dossier.

Nous nous intéressons à des initiatives qui ont un corpus partagé, savent où elles vont, hors de tout effet d’aubaine, ou de ces « innovations » adjacentes au CAC40, voire qui s’engouffrent dans ce que le « dépérissement » capitaliste de l’État a laissé. Ces initiatives veulent redonner à la fois une dignité au travail et une dignité à ceux et celles qui font le travail tout en sortant des rapports de production et de pouvoirs habituels, dans et en dehors de l’entreprise, se dégageant des rapports de domination usuels.

Que sont donc ces alternatives du quotidien, les utopies concrètes qui émergent, naissent, se confortent ? S’agit-il là de s’accommoder du capitalisme pour « faire autrement », d’accompagner un système qu’on ne pourrait fondamentalement changer pour modifier ce qui est à notre portée ? Quitte à verser dans le capitalisme vert ou la high-tech écolo ? 

Doit-on voir dans ces initiatives de l’autonomisation ? de l’autarcie ? Que les références autogestionnaires renforcent et politisent ?  

En quoi ce qui se passe dans des structures autogérées et des coopératives pourrait renouveler le service public ?  Cette question qu’ébauche François Longérinas pourra être traitée dans un dossier ultérieur, plus complètement. Comment ceci dépasse le périmètre d’activité ?

Ouvrent-elles des voies pour un autrement, radicalement différent des processus de domination et des mécanismes capitalistes ? Ou ne sont-elles qu’un pis-aller, sympathique, mais ne remettant pas en question « l’ordre du monde » ?

Stéphane Berdoullet, participe à ce débat à partir de son vécu au PHARES et à HALAGES, entreprises sociales et solidaires de l’Ile-Saint-Denis.

Georges Goyet, chercheur retraité du CNRS (laboratoire PACTE) et de LISRA décrit l’expérience menée en pays roannais, ses dynamiques, ses méthodes, ses limites.

Olivier Leberquier, qui préside FRALIB et la SCOOP-TI près de Marseille, relate la lutte menée par les ouvrier.e.s et l’aventure la coopérative qui produit les thés et tisanes 1336.

Arya Meroni, militante féministe et anticapitaliste, nous montre comment ce champ de luttes porte des possibles et se heurte aux pratiques dominantes.

Alexandra Pichardie, du conseil éditorial de Cerises, nous précise comment des initiatives bretonnes peuvent éclairer les questions posées ici.

Élodie Ros, de l’université Paris 8, indique les possibles qu’ouvrent à des étudiant.e.s les coopératives de jeunes et l’apprentissage d’un entrepreneuriat collectif.

Pierre Zarka, du comité de rédaction, partage l’expérience menée chez lui et les interrogations qu’elle porte.

Un débat dont Catherine Destom-Bottin conclut « qu’à exister les utopies travaillent le rapport de force. Il y a du déjà là de la prise de pouvoir sur soi, et donc j’ai le sentiment qu’il faut vous remercier de confier à Cerises ces échanges ».

Dossier piloté par Patrick Vassallo avec Catherine Destom-Bottin, Sylvie Larue, Alexandra Pichardie, Pierre Zarka. Bonne lecture.  

One Reply to “Entre lendemains qui chantent et « déjà là »

  1. Je réside à l’Ile St Denis depuis 1966. Je me pose qqes questions que j’adresse à Cerises puisque je n’ai pas réussi à joindre S. Berdoulet. Les voici. / Quels sont les statuts de cette SCIC? / Qui est propriétaire de l’immeuble occupé par halage. Pourquoi ? Parce que Lilo est basée ailleurs. Enfin la fleuriste du marché de Villeneuve la Garenne intéressée informée en 2019, n’a plus eu de nouvelles depuis 2019 bien qu’intéressée par la localisme  » Merci.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


CAPTCHA Image
Reload Image