Editorial

En quête d’alternative

Plus jamais ça ! Construisons ensemble le jour d’après[1]. 15 organisations appellent à un débat large pour construire le monde d’après. Quel est l’enjeu ?

Emmanuel Macron et toute sa clique, le président du Medef, et le gouverneur de la Banque de France préparent aussi le jour d’après. Ils sont prêts à tout. Après avoir envisagé la stratégie de l’immunité de groupe comme politique sanitaire pour ne pas contredire les marchés, ils ont été obligés de renoncer devant l’ampleur du désastre annoncé. La sortie du confinement annoncée le 11 mai, répond aux mêmes impératifs économiques. Maintenant ils veulent nous faire payer la note : à nous de faire des efforts pour réduire la dette, renoncer aux congés payés, augmenter le temps de travail, renoncer à notre part de salaire qui alimente les caisses de la sécurité sociale. Ils en profitent pour faire avancer leur projet de société ultralibérale.  Ils tentent de museler la démocratie, remettent en cause nos libertés publiques.

Pas d’unité nationale avec les responsables de la crise ! Ils ont failli, qu’ils répondent de leurs actes et qu’ils dégagent !

Que faire ? Tant de lieux de décisions nous paraissent hors de portée. Pourtant l’exécutif a bien été obligé de reporter sine die la réforme des retraites comme celle de l’assurance chômage. Il a bien été obligé de doubler le nombre de lits de réanimation sous la pression des médecins et d’adapter la capacité des hôpitaux aux besoins. Il a bien été obligé de prendre en compte la fronde des travailleurs·ses qui ont fait valoir leur droit de retrait et financer le chômage partiel. Il a bien été obligé de prendre en compte l’exigence de tests massifs et de distribution de masques. Le président du Medef fait lui aussi du rétropédalage après ses propos sur le temps de travail.

L’exécutif permet aux patrons de ne pas payer les cotisations sociales et les impôts alors qu’il s’agit de la source de financement des hôpitaux et des services publics. Il demande gentiment aux dirigeants des grandes entreprises de ne pas verser les dividendes, et aux banques de ne pas mettre les petites entreprises en difficulté. Darmanin doit quand même expliquer qu’en cas de versement des dividendes, il sucre les aides pour le chômage partiel. Et on ressort les mêmes recettes qu’en 2008, création de dette publique, financement sur les marchés financiers et cure d’austérité pendant plusieurs années.

Mais est-on certain que cela fonctionnera ? A l’heure où nous sommes nombreux.ses à nous interroger sur le monde de demain, à être prêt.e.s à en découdre avec les responsables qui nous mènent à la catastrophe, nous pouvons imposer ensemble de travailler pour la vie et non pour les profits, de décider des productions indispensables, de relocaliser l’économie et transformer radicalement notre rapport à la nature. A condition de ne pas enfermer les débats sur le jour d’après dans la fenêtre étroite des institutions existantes et des dogmes d’avant.  

Sylvie Larue


[1]    https://fsu.fr/petition-plus-jamais-ca-construisons-ensemble-le-jour-dapres-2/

One Reply to “En quête d’alternative

  1. SANOFI fait mieux: il « offre » à une bonne oeuvre de recherche (tests, vaccin) une somme inférieure à celle qu’il touche au titre du CICE (destiné à « créer » de l’emploi quand il saccage un labo’tout neuf à Gentilly pour « ne pas payer l’impôt foncier au Département 94. » et licencie à Agen.

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