Délicieux

Ceux qui restent

Contre tout préjugé d’arriération, cette ethnographie de « ceux qui restent » dans les « campagnes en déclin » nous révèle des territoires à l’avant-garde … du néolibéralisme : fétichisme de la monnaie, individualisme concurrentiel généralisé, sociabilité amicale où l’utilitarisme est rarement absent, stigmatisation des laissés-pour-compte …

La catégorie plus ou moins indéterminée « des cassos » mériterait une étude en soi : de la genèse du terme dans les sphères managériales du « travail social », à sa fonction politique de disqualification en tant que citoyen-ne-s des plus subalternes, jusqu’à la recomposition des frontières de classe quand il s’agit surtout de ne pas en être.

Logique, son interrogation, sur l’éventualité qu’en surgisse un « Trump français », déduit un peu trop mécaniquement un tropisme politique d’un paysage social, alors que les ressorts du pouvoir politique local sont totalement négligés –  par intériorisation du versant institutionnel du néolibéralisme : « ici, on ne fait pas de politique : on gère des flux » ?

C’est aussi un manuel de survie pour néo-ruraux dépourvus de capital.

Fred Bouviolle

Benoît COQUARD, Ceux qui restent, La découverte (2019), 206 p, 19€.

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