Le vivant est communiste ! Il se rebelle contre la domination capitaliste avec plus de force que ce qu’a pu le faire les internationales communistes. La COVID a paralysé le monde, a stoppé les machines.
Mais la nature ne fait pas dans le détail. En se défendant contre le capitalisme prédateur, elle s’attaque aussi aux humains, en frappant plus fort encore les victimes de la prédation capitaliste.
Le vivant ne dit pas “l’humain d’abord”, il cherche à rétablir un écosystème où la vie ne puise pas plus de ressources que la capacité de la planète a les renouveler. Les canicules donnent à voir ce que nous aurons à survivre puissance 10. Cela se passe à l’échelle mondiale et dans chaque corps humain.
C’est là, maintenant, peut-être, que nous pouvons reprendre conscience d’habiter ce monde, d’être du vivant, solidaire de celui-ci.
Peut-être, car cette conscience momentanée de la catastrophe en cours et à venir, est rapidement refoulée par la difficulté de penser et vivre l’alternative politique. “Notre époque s’adonne au démon de la vitesse et c’est pour cette raison qu’elle s’oublie si facilement elle-même.” (La lenteur de Milan Kundera)
Nous étions nombreuses et nombreux à applaudir les ” salariés-es essentiels/les ” pendant la COVID, à déclarer qu’il ne fallait pas revenir à ” l ‘anormal ” après la crise. Et le consumérisme est reparti de plus bel.
Communistes, nous avons longtemps partagé avec les libéraux, l’illusion d’un monde sans fin, sans limite, avec la possibilité de trouver une réponse technologique à tous les problèmes. Nous avons oublié que lutter contre toutes les dominations, c’était aussi lutter contre la domination de l’Humain sur le vivant.
L’auteur marxiste Kohei Saito dans son ouvrage Moins écrit : ” Si l’on veut éviter un état de barbarie dominé par les milices d’extrême droite, (…) il faut des communautés autonomes et du soutien mutuel. Nous devons inventer des moyens démocratiques pour sécuriser et distribuer les biens nécessaires. C’est Pourquoi, pour nous préparer aux crises à venir nous devons dès aujourd’hui développer nos capacités d’autonomie et d’entraide. De fait, la pandémie nous a appris que nous ne pourrons pas compter sur l’État pour nous aider “. Et il ajoute plus loin dans l’ouvrage ” Par conséquent, pour lutter contre la crise climatique, il faut transformer la démocratie “.
C’est là qu’on peut reprendre des réflexions de Murray Bookchin sur le communalisme:
« Là où des changements sociaux provoqués ne s’alimentaient pas à une conscience populaire formée et informée, ils devaient finalement être imposés par la terreur – et les divers mouvements se sont sauvagement retournés contre leurs idéaux humanistes et libérateurs les plus chers et ont fini par les dévorer. »
Peut-être nous faut-il définir un communalisme du XXIe siècle qui se fixe comme objectif de lutter contre l’apolitisme qui détruit nos capacités d’agir, qui développe des lieux de prise de conscience ” d’habiter le monde “. Des espaces qui se fixent comme objectif d’unir producteurs et consommateurs, citoyens/nes et salariés/es, ou la personne se retrouve dans toutes ses dimensions en capacité d’agir sur son cadre de vie et de travail.
C’est sûrement à ce niveau qu’il faudra réfléchir définition des besoins, objectifs de production des entreprises, aménagement du territoire… Un lieu où l’on travaille une écologie sociale d’adaptation et d’atténuation du réchauffement climatique par la coopération sociale, les activités autoorganisées, un sentiment de classe et d’identité locale ouverte sur le monde…
Patrice Leclerc



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