Notes d'actu.

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Colombie, Venezuela : l’auto-organisations en actes

Une délégation du Réseau syndical international de solidarité et de luttes, dont trois militantes de l’Union syndicale Solidaires, s’est rendue au Venezuela fin juillet. Cela faisait suite aux contacts déjà entretenus avec les camarades du Comité national de conflit (CNCTL) des travailleurs ses en lutte qui fédère 200 collectifs syndicaux du pays. Ceci s’est passé quelques semaines après le tremblement de terre qui a touché une partie de ce territoire. La délégation se rendait ensuite en Colombie, là aussi pour rencontrer plusieurs syndicats en lien avec le Réseau ; cette fois, au moment du séisme, en août.

Outre un minimum de soutien financier, nos camarades ont pu se rendre compte à quel point, dans les deux cas, ce sont les travailleurs et les travailleuses qui sont venues et continuent de venir au secours des travailleurs et des travailleuses. Les syndicats jouent un rôle déterminant. Organisations de notre classe sociale, ils prennent en charge l’aide à notre classe sociale ! Ils ne se contentent pas de « déplorer les carences de l’État » !

Les plus pauvres, parce qu’ils et elles sont dans des zones « à risque » plus que celles et ceux qui peuvent choisir d’aller vivre ailleurs sont plus victimes de ces catastrophes dites « naturelles ». Aussi, parce que leur habitat est bien souvent plus précaire, moins solide, … Courts extraits des témoignages de nos camarades sur place[1] :

Au Venezuela : « Le premier jour, nos camarades nous ont accompagné-es à La Guaira, épicentre du sinistre, où le paysage évoque celui d’un territoire bombardé avec un déploiement militaire de contrôle et pression sur la population. Le gouvernement a mis 72 heures avant d’intervenir ! Le sauvetage et la prise en charge des survivant-es ont été effectués exclusivement grâce à la mobilisation et la solidarité populaires.  Les syndicats ont joué et jouent encore un rôle crucial dans la collecte de médicaments, des habits, des aliments pour les sinistré-es.  Parmi ces organisations syndicales, celle de l’école des infirmières, membre du CNCTL est la pierre angulaire de cette solidarité et auto-organisation vitales de la population. »

En Colombie : « Le séisme a eu pour épicentre San José del Palmar, dans le département du Chocó, un territoire historiquement délaissé par l’État, où l’état des routes, les moyens de communication, l’accès aux soins médicaux et à l’eau potable, ainsi que la précarité des constructions, constituent depuis longtemps des problèmes majeurs pour la population. À Cali, la mairie a décrété un couvre-feu et ordonné la militarisation de différents points de la ville. À Pereira, un couvre-feu a également été décrété. Ce qui préoccupe le gouvernement national et les gouvernements locaux, c’est la défense de la propriété privée des grands commerçants et des entrepreneurs. »

Ce que nous disent les camarades du Venezuela et de Colombie, c’est ce que nous ont aussi expliqué les syndicalistes en Palestine ou en Ukraine : l’auto-organisation des travailleurs et des travailleuses par l’outil syndical, c’est aussi une question de survie !


[1] Voir les reportages et interviews sur place : www.laboursolidarity.org ou facebook.com/InternationalLabourSolidarity ou instagram.com/ilabournss/

Christian Mahieux

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