Les nouveaux défis de Cerises

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UN BUDGET FAIT PAR LA RUE

L’expérience des « budgets participatifs », à partir de la fin des années 90 et à l’instar de l’expérience menée à Porto Alegre, a montré la difficulté de l’exercice autant que son intérêt.

Mais comme un budget ce n’est pas (seulement) une réponse concrète et immédiate à un besoin parce qu’il faut en décider le financement, le contexte et les modalités de mise en œuvre, une fois posées des exigences comment fait-on pour sortir de l’incantation ou du vœu pieu. Sans lendemain. L’essoufflement de cette démarche, partout, n’a pas contrarié l’aspiration à s’approprier aussi ce levier de l’action publique. Pointons quelques aspects rapidement :

  • Plusieurs études montrent une réelle difficulté à « associer » au budget participatif plus largement que le « cercle » militant et averti qu’on retrouve aussi dans les conseils de quartier ou les enquêtes publiques. On peine à mobiliser le peuple. Les questions du comment on fait, des modalités de débat, des horaires de réunion sont essentielles.
  • Il faut reprendre aux sachants et dirigeants la maîtrise technique du budget et de la finance publique (qui ne peut être confondue avec la gestion « en bon père de famille »).  Nous avons grand besoin dans ce domaine d’éducation populaire.
  • Sauf à se condamner à la stérilité, comment éviter de poser la question de l’expropriation ? Pas seulement pour aller chercher le pognon de dingue où il est. Mais aussi pour poser d’autres façons de produire (de la richesse), de satisfaire aux besoins (« consommer »…), de répartir.
  • La démocratie ayant montré ses limites, force est de reconnaître qu’il faudra être inventif sur la construction de consensus et de décisions largement partagées.
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Alors pourquoi ne pas lever un fondamental autour et pour lequel construire ce budget ? ou pour le moins des éléments de budget.

            Il me semble que la gratuité peut être retenue comme un tel levier. La gratuité ce n’est pas seulement une question économique, de pouvoir d’achat, c’est d’abord une réponse en terme d’égalité, de besoins fondamentaux, de droits.

A partir de cette visée, plein d’éléments budgétaires peuvent être mobilisés. Plusieurs sujets essentiels, outre l’égalité, peuvent être mobilisés : les coûts carbone et la « transition » écologique ; l’accès et la gestion de l’eau, la décarbonation de nos transports. Ou encore combien ça coûte d’aller bosser ? de rentrer chez soi en périurbain ou à la campagne. De multiplier les lieux de travail, par précarisation des emplois. Les rapports sociaux et de travail coûteux en temps et en énergie.

 Sophie Binet avait bien raison de prôner un budget « fait par la rue ».

Si l’on prenait les moyens de le faire ?

Patrick Vassallo

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Cerises - Les nouveaux défis

Les éléments de la rubrique Les nouveaux défis permettent la construction des dossiers de la rubrique Horizons d’émancipation du journal mensuel.

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