La précédente table ronde de Cerises a ouvert un débat sur le passage du « Je » à un « Nous » émancipateur. Pour les participants, des difficultés ont toujours existé mais prennent un tour différent selon l’époque. La révolution industrielle a formaté des rapports sociaux verticaux jusque dans les comportements politiques : pour être efficace, le « je » doit se fondre dans le « nous », écrasant l’individu et sa parole. Ce fonctionnement perdure aujourd’hui dans les pratiques des organisations traditionnelles.
Il semble ne plus correspondre aux processus de politisation des nouvelles générations pour qui les « Nous » ne peuvent se construire qu’à partir des expériences et de désirs personnels. C’est notamment le cas des luttes féministes qui, en articulant avec bonheur l’individuel et le collectif, l’intime et le politique engrangent des victoires contre la domination patriarcale et au-delà. A l’inverse, les participants ont cherché à analyser pourquoi les « Nous » des couches populaires sont totalement invisibilisés.


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