Quand l’Assemblée nationale fait tomber un tabou.

Two workers operate in a steel factory, managing molten metal in an industrial furnace.

L’Assemblée vient donc sur proposition de toute la gauche d’adopter la nationalisation d’Arcelor Mittal- géant de la sidérurgie qui avait fait parler de lui il y a quelques années, en utilisant des fonds publics pour licencier. Bien sûr, rien n’est joué : au tour du Sénat maintenant, ce sera sans doute une autre paire de manche, puis peut-être faut-il s’attendre à une plus grande mobilisation de la droite en seconde lecture. Quant au RN, soit-disant si critique envers le système, il s’est abstenu ! Au moins c’est clair.

Alors que comme vient de le rappeler Sophie Binet de la CGT : à côté des 211 Milliards de nos impôts que l’État offre aux grosses entreprises, le coût de l’opération ( 3 milliards) est peu de choses… avant de rapporter gros. Car si Mittal tient à garder Arcelor, c’est que ça rapporte. Il faut choisir entre la famille Mittal  et le développement de l’industrie française . C’est donc une question qui concerne tout le monde.

La démonstration est faite qu’il ne faut pas hésiter à brandir des objectifs qui fâchent. C’est-à-dire des objectifs qui mettent en lumière le divorce irréconciliable entre intérêts du capital et développement industriel. Le faire non seulement met les forces réactionnaires explicitement sur la défensive, mais cela nous sort d’un sentiment d’impuissance pour s’ouvrir sur l’ambition de faire bouger les choses.

Pierre Zarka.

Photo by Kateryna Babaieva

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