Boualem Sansal est actuellement condamné à 5 ans de prison en Algérie sans explication. 2084 La fin du monde est en écho à 1984 de G. Orwell. L’auteur dénonce sans le nommer le régime algérien et les dictatures religieuses, en imaginant, un pays, l’Abistan, dominé par un système religieux autoritaire et ayant soumis toute sa population de croyants à la patience, la soumission et l’obéissance comme des moutons à l’abattoir. «Je m’érige contre un système dictatorial par mes écrits quand d’autres prennent les armes» et «le discours algérien légitime l’usage du terrorisme pour libérer son pays du colonialisme». L’Abistan est entre les mains de Abi, un chef religieux tout puissant que tous doivent aduler et d’une hiérarchie d’honorables qui tiennent la population dans l’ignorance, le secret, et la surveillance généralisée. Ati, son héros, sort du sanatorium où il était soigné, et au cours d’un long voyage de retour il se pose des questions sur le système.
Il rencontre Koa et tous 2 cherchent à percer le mystère de l’Abistan. Ils doivent pour cela déjouer d’infinies manipulations et Koa y perdra la vie. Ils découvrent le ghetto où des «renégats» mènent une vie de liberté sous l’égide de « démoc » puis la cité de Dieu où secret et délation sont à leur apogée ; mais aussi un certain Toz qui a pour projet le retour à une société passée démocratique et libérée et appuie Ati qui veut aller voir au-delà de la frontière : la démocratie.
Bénédicte Goussault
2084 La fin du monde de Boualem Sansal, Éditions Gallimard – format poche, 9 €


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