Le syndicat des enseignant·es de Chicago a obtenu en décembre dernier un accord qui, pour la première fois, prend en compte les revendications en matière de justice climatique et environnementale.
L’accord prévoit également d’importantes augmentations de salaire et une réduction de la taille des classes. La victoire est le fruit d’une collaboration entre enseignant·es et militant·es écologistes visant à traiter les problèmes écologiques urgents auxquels les enseignant·es et les élèves sont confronté·es. Les bâtiments scolaires publics de Chicago ont en moyenne 82 ans. Nombre d’entre eux se situent dans des quartiers majoritairement noirs et hispaniques, sous-financés et pollués. La peinture au plomb, l’amiante et les moisissures y sont très répandues et des systèmes de chauffage et de climatisation défaillants rendent l’apprentissage difficile. Ces bâtiments scolaires contribuent également au rejet d’émissions de combustibles fossiles dans des environnements déjà pollués. « Notre syndicat s’est donc associé à des groupes locaux écologistes et à des associations communautaires pour lancer une campagne à l’échelle de la ville en faveur d’écoles vertes. Nous avons exigé l’élimination de substances toxiques comme l’amiante, la réduction de la pollution climatique, notamment par l’installation de panneaux solaires» explique le syndicat.
Suite à cette victoire, une campagne « Des écoles vertes pour Chicago ; lutter contre la crise climatique et le racisme environnemental, améliorer nos bâtiments scolaires ; offrir des emplois verts à nos communautés » a été lancée par le syndicat des enseignants de Chicago (CTU) qui compte 25 000 membres. Le syndicat United Teachers Los Angeles (UTLA) est à la pointe de la lutte pour la justice climatique dans les écoles. Julie Van Winkle, enseignante et vice-présidente de l’UTLA AFT, explique que le syndicat a progressivement introduit des revendications climatiques au milieu des années 2010 en misant sur la « négociation pour le bien commun ». Cette stratégie vise à créer des coalitions entre travailleur·euses, élèves, parents et membres de la communauté afin de promouvoir des changements sociaux et écologiques. En 2023, l’UTLA a signé un protocole avec un district scolaire de Los Angeles, intitulé « Écoles publiques vertes ». Cette initiative prévoit la création, l’agrandissement et l’entretien d’espaces, de programmes et d’espaces verts ; l’installation de stations de filtration d’eau et l’élimination du plomb ; l’augmentation du nombre de bus électriques dans la flotte du district scolaire ; l’installation de panneaux solaires sur les sites scolaires. Malgré ces avancées, le syndicat a découvert que des générateurs à combustibles fossiles étaient utilisés pour recharger les bus électriques – un problème que le syndicat s’efforce de résoudre.
Le syndicat des enseignant·es de Boston (BTU), lui, milite également pour la justice climatique mais s’est concentré sur l’intégration de la justice climatique dans les programmes scolaires. La BTU a récemment obtenu un accord de principe sur une proposition qui sera incluse dans le nouveau contrat et qui créerait une équipe paritaire direction-syndicats chargée d’intégrer la justice climatique, l’éducation climatique et les sciences du climat dans le programme scolaire de Boston (de la maternelle à la terminale).
Patrick Le Tréhondat



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