En plein mouvement des Gilets jaunes, Stéphanie est chargée, à l’IGPN, d’enquêter sur un tir de LBD. Un blessé grave. Des pressions internes. Un parquet peu pressé de mettre les flics à l’encan. Scènes d’émeutes dans Paris, les Champs, le VIII° arrondissement. Les scènes ordinaires d’un « maintien de l’ordre » dans une République qui a peur. Des syndicats de police qui défendent leur ordre en tous dénis.
On baigne dans la République. Les pieds dans le sang. Il s’agit de « sauver la république », participer à « l’effort de guerre ». Et ce n’est pas la banlieue qui fait cible ici. Une famille, populaire, de Saint-Dizier. On ressent comment le Gouvernement est en panique. BRI et CRS en roue libre livrés à leurs propres peurs, en plein jeu vidéo. Le film montre les affres internes à l’IGPN, l’hypocrisie totale d’une institution dévoyée. Dans des faits concrets du quotidien de l’enquêtrice et de ses collègues. Bien joué, au scénario tendu jusqu’au bout, plus encore que la police c’est l’État dans sa maltraitance la plus autoritaire qui y est disséqué. Dans toutes ses dimensions.
Dossier 137 n’est pas l’histoire d’une bavure policière. C’est le récit d’une déraison d’état qui, sans foi ni loi (ou à leur mépris) consacre l’invulnérabilité d’une domination. La Défense de la République. Jugeant sans autre forme de procès que toute « rébellion » manifeste un épisode terroriste. De guerre intérieure.
Patrick Vassallo
Dominik Moll, Dossier 137, avec Léa Drucker, FLAT, 2025, 1h56,


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