Le 9 octobre dernier, un cessez-le-feu a été conclu à Gaza. Partout dans le monde, celles et ceux qui soutiennent le peuple palestinien ont partagé sa joie. Ce cessez-le-feu met fin à deux années de guerre génocidaire menées par le gouvernement israélien dans l’enclave palestinienne. Deux années durant lesquelles près de 70 000 palestiniens et palestiniennes ont perdu la vie, majoritairement des femmes et des enfants. Gaza est en cendres. Ce génocide a eu lieu sous les yeux du monde entier, au XXIe siècle, sans qu’aucun gouvernement, sans qu’aucune instance internationale n’ait été en capacité de l’arrêter, et d’imposer de réelles sanctions au gouvernement israélien. Seule la population, organisée au sein des syndicats, des associations, de certains partis politiques a mis la pression et maintenu des mobilisations régulières avec la Palestine.
Dans ce contexte, c’est évidemment un plan de paix injuste qui a vu le jour. Orchestré par le président américain Trump et discuté sans la présence des représentant-es du peuple palestinien, cet accord est organisé autour de deux volets. Après le cessez-le-feu et l’échange des otages contre des prisonniers palestinien-nes, une seconde phase concerne l’avenir de la bande de Gaza : désarmement du Hamas, mise sous gouvernance transitoire de Gaza avec un comité dit « technocratique et apolitique » composé, entre autres, de Palestiniens qualifiés et d’experts internationaux et sous la supervision d’un « Conseil de la paix » dirigé notamment par l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, mise en place d’une zone économique spéciale…
De nombreux points restent imprécis et d’autres ne sont pas traités ; rien n’est dit par exemple sur le retour des 1,5 millions de déplacés gazaoui-es, sur la reconstruction de Gaza, la question de la Cisjordanie…
Ce plan de paix n’en a que le nom. D’ailleurs, Israël l’a déjà enfreint. Depuis le 10 octobre, des dizaines de Palestinien-nes ont été tués dans des frappes de l’armée. Négocié sans les premiers et premières concernées, sous l’égide des États-Unis qui soutiennent financièrement et militairement l’état israélien, l’accord nie le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et bafoue le droit international ; il n’est en effet jamais question du droit au retour des réfugié-es palestiniens, de la fin de l’occupation, de la colonisation et des politiques d’apartheid menées par l’État israélien. Il ne fait aucun doute que c’est la continuité d’un projet colonial qui dure depuis plus de 70 ans, avec en prime le retour de la gouvernance par la Grande Bretagne !
En Palestine, comme sur d’autres territoires en guerre : « Sans justice et sans égalité, la paix est un mot vide de sens[1] ».
Linda Sehili
[1] Ces propos repris sont ceux d’Ignacy Jozwiak, membre du syndicat polonais Inicjatywa Pracownicza, participant à la campagne « Soutien aux travailleurs ukrainiens », à propos de la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine.


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