Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

La richesse n’est pas ce qui claque !

Bien sûr on peut considérer qu’une richesse est ce qui permet de réussir sa vie. Encore faudrait-il qu’on entende cette réussite par autre chose que d’être meilleur que son voisin, mieux protégé·e, avec un compte en banque et des biens de meilleurs volumes…

Bien sûr on pourrait considérer que le niveau d’accumulation d’argent garantit un niveau de vie. Amartya Sen rétorquerait par un Bonheur National Brut qui met du qualitatif où certains ne parlent que de masses sonnantes et trébuchantes.

Bien sûr on pourrait rappeler qu’il n’y a pas que l’argent dans la vie.
Bien sûr qu’à tout marchandiser, tout autre échange ou production ne vaut que tripette…
Mais la vie se résume-t-elle dans un classeur Excel, un graphique de progression, un algorithme du « progrès » ?
Est-ce un alignement de nombres, une combinaison chiffrée qui peut permettre de faire société ?
Ou n’est-ce pas une aventure humaine qui fait société ?
Si nous partons de l’humain pour examiner ce qui « produit », ce qui « enrichit », sans doute faut-il alors renverser le processus. Et son sens.

Le maillage de l’activité humaine, son insémination croisée, le temps de s’apprivoiser, de connaître, de s’aimer n’est-il pas une mesure bien plus éminente de ce qui donne corps à une société, de ce qui lui donne des couleurs, du sens, de la singularité, du matrimoine. Une culture (artistique, musicale, plasticienne…) n’a-t-elle de valeur que celle d’échange, celle des vendeurs et du commerce. La beauté – dit-on – n’a pas de prix. Adage contestable à la Bourse, mais qui souligne une gratuité de l’esthétique. De même nature que l’éthique, la solidarité et les fondamentaux des sentiments.

Changer de société, donner un autre sens à l’ordre des choses et au désordre du monde, inventer des lendemains qui chantent ne suppose-t-il pas qu’on remette l’humain au cœur, qu’on bâtisse à partir des compétences et savoir-faire de chacun·e ? Valoriser que l’on sait faire, individuellement et/ou collectivement, n’est-ce pas un outil inestimable pour mobiliser nos capacités à répondre aux besoins ?

Y a-t-il plus de richesses, une meilleure humanité dans un classeur Excel que dans les productions pleines d’expériences et de patience que nous partage un atelier d’art plastique ?

Patrick Vassallo

Cet article fait partie du dossier :

Horizons d'émancipation

Sauver les riches ?

Au secours les riches vont partir !Le MEDEF organise un grand meeting. Le patronat monte au créneau parce qu’on parle de taxer les riches… Si on ...
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