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Le capitalisme de l’apocalypse

Après l’histoire intellectuelle du néolibéralisme (Les Globalistes, Seuil 2022) l’auteur se concentre sur ses ravages et sa logique intrinsèque à franchir des seuils de rupture ! D’où sa pleine responsabilité dans l’aggravation des catastrophes écologiques, du réchauffement climatique, et des dangers anthropologiques liés à la fuite en avant (bio-éco-socio-technologiques). Aujourd’hui ses obsessions de marchandisation, de profit et d’accumulation, prônées hier par quelques dangereux illuminés, sont devenues généralisées, sans foi, et bientôt sans autres lois que les siennes propres. Le néolibéralisme a pour rêve une entreprise-monde et un monde-entreprise.

A son stade mondial, il se veut omnipotent, prenant pour principale cible la démocratie, entendue comme un État de droit visant a minima à réguler des cohésions politiques et un bien-être sociétal stabilisant les cadres nationaux de souveraineté. Face au moindre risque de résistance à ses impacts mortifères et de lutte contre le règne absolu et partout de ses logiques privatives et managériales, il a pour levier vital l’étatisme autoritaire et la domination autocratique, et pour corollaire la fragmentation sociale, le fractionnement.

Mais, si ce qui est détaillé comme la généralisation du “stade Dubaï du capitalisme” (M. Davis), et des logiques autophages (A. Japp), d’enclavement du monde (M. Di Cintio), de confiscation et d’expulsion (S. Sassen) du néolibéralisme mènent droit à la désintégration politique, la riposte est-elle la défense d’une démocratie qui a permis tout cela ? Ou uniquement sa refondation radicale et urgente ?

Makan Rafatdjou
Le capitalisme de l’apocalypse, Quin Slobodian, Éditions du Seuil, 2025, 384 pages, 25,50 euros

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