Délicieux

Le mur des silences

Dans ces terres de solitude, d’alcool, de brumes froides Konrad traîne sa mélancolie et sa déprime têtue que la retraite n’a pas atténuées. Harcèlements, violences conjugales, viols, constituent le fond d’écran de ce polar, dont le lieu principal, cette maison où les femmes se sont toujours senties mal à l’aise, cache sans doute un rude secret.

Appliqué à mettre au clair de vieilles affaires non élucidées, l’inspecteur retraité ne voit pas arriver la suspicion que ses « collègues » vont lui flanquer pour le meurtre de son père, quand il était enfant. Combien de connaissances vont désormais ignorer Konrad ? Qui est parti vraiment ? Qui le croira ? Ce livre porte ainsi quelques fines descriptions des trajectoires de vies abîmées et dévoyées, pas toujours à raison. Des pointes de vie quotidienne que le silence et les « tairies » encombrent d’impassibles aigreurs.

Les enfances aussi sont noires et violentées dans ce roulis d’histoire où la facilité des lâchetés et les dominations quotidiennes affaissent l’humanité. 

Patrick Vassallo

« Le mur des silences », Arnaldur Indridason, Éditions Métailié, 2022, 330 pages, 22€ 

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