Esprit de suite

Un nouvel art de vivre populaire ?

Patrice Leclerc maire de Gennevilliers nous rappelle dans son essai combien compte le terrain, le concret, dans la mise en musique du vivre-ensemble et particulièrement dans nos quartiers populaires. A travers des thèmes essentiels, la ville populaire, l’ascenseur social, la mixité sociale, le faire commun, cet essai ébauche une philosophie dans l’art de construire la ville en prenant le temps de produire durable, consommer frugal, et vivre sobrement. Cerises a proposé une « dispute » à partir des propositions de Patrice Leclerc,  à Laurence Boffet, vice-présidente (E !) du Grand Lyon, conseillère d’arrondissement, Anne-Rose Levan, Urbaniste indépendante, spécialiste de l’éco-conception et de la ville durable, Montpellier, Diangou Traore, militante associative quartier du Franc-Moisin à Saint-Denis et Alexandre Grondeau, docteur en géographie, maître de conférence qui vient de publier Une autre ville, une autre vie où il aborde la question métropolitaine.

En voici la substantifique moelle. Les vidéos intégrales de l’entretien sont visibles sur le site.


La ville populaire, les rites, le faire communauté

Patrice Leclerc croit à la conflictualité comme nouvelle façon de faire de la politique et nouvelle façon de gérer les villes. Son souhait : que les habitants retrouvent de la fierté à habiter une ville populaire, qu’il considère être à l’image de la France, plus qu’une ville comme Neuilly ! Le chemin pour y arriver : faire en sorte que les habitants décident de leur mode de vie. Pas seulement à l’occasion des élections, car on débat dans les quartiers, on s’engueule en réunion, à l’occasion des manifestations dans la ville, on se parle à l’école, dans les jardins partagés, à la mosquée…

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L’ascenseur social

Anne Rose Levan : « Justement les métiers essentiels agricoles, plutôt ruraux sont touchés par les mêmes problèmes de dévalorisation salariale, En Languedoc […] beaucoup d’agriculteurs ne parviennent pas à boucler les fins de mois, recourent au « RSA complément ». […] Ce sont des métiers manuels avec les mêmes soucis de santé,,, liés au vieillissement, aux carrières incomplètes […] comment se reconvertir, lorsqu’on peut plus exercer ce métier-là ». 

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Mixité sociale : mythe ou réalité?

Diangou Traoré raconte l’histoire du projet de rénovation urbaine du quartier du Franc-Moisin à Saint Denis dont le but affiché est la mixité sociale :« Il fallait juste nous dire : on ne veut plus de vous, rentrez chez vous, on va vous mettre derrière la montagne… Nous avons construit et fait de ce quartier ce qu’il est aujourd’hui, ça a été une bataille … ». Le conseil citoyen qui s’est formé a organisé un référendum :  les habitants ont voté pour que les bâtiments restent tels quels. Elle poursuit « tout le monde était heureux d’habiter un HLM à l’époque des 30 glorieuses… et aujourd’hui, on se rend compte qu’il faut traiter ça de discrimination, de violence dans les quartiers. Le taux de chômage, tous les maux de la France, c’est la faute de ce symbole que sont les grands ensembles. La mixité sociale, je la vois comme un tracteur qui laboure tout sur son passage, je la vois comme un rouleau compresseur… Elle agit sur la santé mentale des habitants, sur leur stress »…

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Faire avec, de la commune à un autre monde. Une autre métropolisation ?

Alexandre définit « l’altermétropolisation, comme un processus d’urbanisation concomitant à la métropolisation, non pas antagoniste mais hybride, non pas opposé mais complémentaire (…) la production d’urbanisation à partir d’innovations sociales. ». Patrice y fait écho par « l’observation qu’il y a beaucoup d’alter qui se créent à partir de l’action citoyenne, à partir d’actions « en bas », (…) il y a aussi dans ce pragmatisme une recherche idéologique qui porte une recherche de sens et de vivre autrement. ». Et soutient « ces expertises citoyennes, alternatives qui (…) renforcent la vision de solutions métropolitaines (…) à partir des communes, du municipalisme. ». Alexandre souligne que « ces populations souhaitent (…) construire et reconstruire leur ville sur la vie, la ville sur leur vie. »…
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