Esprit de suite

Réaction au dossier « Travail/Hors travail »

Vincent, élu du CHSCT d’une grande entreprise, pilote de la commission chargée d’évaluer l’impact de la stratégie du groupe sur les salariés, détaché à 80 % pour ses activités syndicales, réagit au dossier de Cerises de décembre sur travail et hors travail.

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Comme il n’y a pas de local syndical dans mon lieu de travail, je suis en activité syndicale sur mon poste de travail sauf quand je participe aux réunions des instances représentatives. Même si je n’ai plus que 20% de mon temps de travail consacré à mon activité professionnelle, je participe aux réunions d’équipe, aux formations que je demande ou que la direction continue de me proposer.

Dans les réunions d’équipe, nous sommes sollicités pour résoudre des problèmes. Par exemple le fait qu’il y ait beaucoup de clients en attente à certains moments de la journée : des collègues sont amenés à proposer que tous les salariés ne partent pas en pause en même temps, ou qu’il y ait un affichage du nombre de clients en attente pour obliger à accélérer les entretiens. Ainsi les salariés intègrent plus facilement l’intensification du travail. Comme les entretiens individuels prennent en compte ta participation à ce genre de discussion, si tu veux avancer dans ta carrière, ou si tu veux faire une demande de mutation, te voilà embarqué dans ce genre de processus.

Souvent en formation, on te demande ton état d’esprit. Celui ou celle qui est stressé-e parce que les horaires de la formation l’oblige à déposer les enfants plus tôt à la crèche, celui ou celle qui refuse d’appliquer à la lettre le script imposé par son cadre n+1, côtoient celles et ceux qui se déclarent plutôt satisfaits de participer à telle ou telle formation. Les « énervés » n’ont plus qu’à se calmer. D’ailleurs si tu es stressé, c’est plus à cause de tes problèmes personnels que des problèmes liés à l’organisation du travail. Mais parfois, ça ne marche pas et tout le monde quitte la formation ou la réunion d’équipe…

Le must, ce sont les challenges. Il s’agit de réaliser un objectif sur une période donnée pour gagner un voyage par exemple. Pour motiver les salariés. Si tu as le profil sportif de compétition, c’est le genre de défi auquel tu peux accrocher…et ça aussi c’est pris en compte dans les entretiens individuels !

Je partage pleinement l’idée que la direction a bien recours à la totalité de l’individu, ses capacités d’initiative et d’imagination, y compris son psychisme dans son activité de travail, et qu’elle tente de solliciter son engagement total même s’il lui est impossible de prescrire pleinement le travail qui doit être réalisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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