Il lui reste quelques jours avant que son mari sorte de prison. Quelques jours d’une vie parallèle, à échapper aux médias, aux quolibets. Deux temps qui ne se disent rien, qui égrènent dans un savant ralentissement le compte à rebours, tant attendu. Et redouté.

De faits divers qui ont agité la colère et la machine à papiers, Eva Almassy extrapole un roman d’une singulière écriture, originale et dense. Cette femme qui parle évoque les contradictions de chacun.e, de la société, des goûts de revanche et des désirs de tourner la page. 

Continuer malgré tout. Ne pas s’enfermer, elle aussi. Aller se faire coiffer. Etre la mère de ses enfants.

Ce roman d’une femme taillant son chemin contre vents et rumeurs est surtout – d’abord – une élégie d’amour indiscutable, inabîmable, aussi tenace que profonde.

On y évoque de grands auteurs : « Tu habiteras r’avec moi, à la Verlaine », déroulant un univers où  Maïakowski enroulerait d’un voile pâle les effluves de cet amour…

Avec le retour au foyer, les retrouvailles des enfants se clôt ce roman sans en fermer aucune fenêtre.

R’avec, Eva Almassy, Editions Arcane17, 2021, 150 pages, 14 € 

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