Un jour le grand-père du narrateur s’est emporté : « Ton père portait l’uniforme allemand. Tu es un enfant de salaud ! ». Pendant toute son enfance le père du narrateur s’est présenté comme un résistant pendant la guerre racontant des exploits imaginaires. Mais l’enfant n’a jamais eu le cran de demander à son père ce qu’il faisait réellement pendant la guerre car le père est violent et mythomane. Il s’avère être un faquin. En mai 1987 le narrateur, chroniqueur judiciaire à Libération est envoyé à Lyon pour couvrir le procès de Klaus Barbie. Il apprend qu’il y a un dossier judiciaire de son père aux archives départementales du Nord. Au fur et à mesure que se déroule le procès, il découvre que son père a porté plusieurs uniformes dont celui des Waffen SS ! Le roman met en abyme les deux procès celui de Barbie et celui plus intime de son père. Au fil des pages il comprend enfin la véritable histoire de ce père qui a passé son temps à mentir, à tricher et à se mentir à lui-même en racontant des invraisemblances. Le choc est rude mais c’est avant tout son père. Il aurait pu accepter le récit si horrible soit-il, mais pas le mensonge. Excellent roman qui fait partie des nominés pour le prix Goncourt.

« Le salaud c’est le père qui a trahi ».

Daniel Rome

Enfant de salaud, Sorj Chalandon, Éditions Grasset Août 2021, 336 pages,  20,90 euros

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