Délicieux

Le parfum des fleurs la nuit

Passer une nuit blanche dans un palais vénitien transformé en musée d’art contemporain, quelle drôle d’idée ! L’audace de L. Slimani est d’avoir accepté cette gageure pour explorer avec finesse et audace son intimité, pour évoquer les œuvres d’art, pour cheminer avec le lecteur, comme si elle le prenait à témoin sur une question centrale pour les humains : qui sommes-nous ? J’ai tout de suite pensé au livre d’A. Maalouf « les identités meurtrières ». Nous sommes tous des êtres complexes, avec des identités multiples qui ne se réduisent pas à un passeport. Identité qui ne peut être réduite à : là où nous sommes nés.es, là où on vit, à notre religion, à notre métier, à nos engagements. Le lieu choisi par l’éditeur n’est pas anodin : Venise à la confluence de l’orient et de l’occident. Elle évoque son lien charnel avec l’écriture, son père emprisonné à tort, son rapport au monde et à elle-même. Son écriture est douce, pleine de tendresse, comme une force intérieure lorsqu’elle dit « écrire c’est jouer avec le silence c’est-à-dire de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle. » Ce livre est un petit bijou. A mettre entre toutes les mains !

Daniel Rome

Le parfum des fleurs la nuit, Leïla Slimani, Éditions Stock, Janvier 2021, 152 pages, 18€

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