Délicieux

Requiem pour une ville perdue

Cette auteure turque délivre ici une ode à la vie qui tente de sonner le glas d’une distance lancinante subie par cette féministe, dans un pays aux abois, quartier de la Galata, si populaire, si maltraité.

Dans une série de bulles douces-amères l’auteure égrène la chronique d’une solitude où les mots  font résistance. L’écriture sert ici à agripper le temps dans cette ville d’Istanbul, dont la présence active porte la trame de fond de cette poésie prenante. Mais aussi à clore cette histoire ; ouvrir d’autres lendemains.

L’auteur vit désormais à Berlin…

Les mots comme autant d’appuis, de prises pour rester debout. Vivante.

« Je me tiens à la fenêtre de l’existence », écrit-elle. Ce livre est-il une crémone ? Il donne envie de poser sur la rébellion, collective, le sceau du bon de sortie, la clé d’une libération. De bulle en bulle (les textes sont courts comme un soupir, une plainte ou un regard), l’existence renouvelle son appel.

Une lecture pleine de poésie qui nous chatouille au creux de l’estomac.

Patrick Vassallo

Requiem pour une ville perdue, Asli Erdogan, Éditions Actes sud, 2020, 135 pages, 17€

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