Editorial

Monde, luttes, covid et ligne de crête

Ce titre (sans le mot covid !) d’un édito de Cerises de Décembre 2019 mettait en évidence l’importance du nouveau cycle des luttes populaires pour le changement et la démocratie en cours dans de nombreuses régions du monde. Mais dont l’issue n’était pas écrite. La crise sanitaire actuelle a bien sûr profondément modifié la donne. La pandémie qui se développe a affaibli l’économie mondiale et mis à mal des pans importants du capitalisme mondialisé ainsi que la légitimité de nombreux gouvernements à son service. Les conséquences se traduisent par au moins deux effets majeurs : une baisse sensible de la production de richesses et un accroissement terrible du chômage et de la précarisation de l’emploi.

Avec cette dimension économique se cumule une série de facteurs, plus anciens, visant au repliement, à la montée des autoritarismes. L’ancrage de tentations autoritaires, voire fascisantes, est indéniable au Brésil et dans le sous-continent latino-américain, en Russie et en Europe centrale, comme en Inde. La situation au Moyen-Orient est inquiétante entre les durcissements des régimes turcs, israéliens ou iraniens, le « pseudo accord » entre Israël, Bahreïn et les EAU, la situation criminelle faite à Gaza avec des bombardements hebdomadaires. Enfin le régime algérien se caractérise par un cours de plus en plus répressif envers les journalistes et les animateurs et animatrices du Hirak. Pourtant, si l’apathie de la « communauté internationale » est patente, chacune de ces situations laisse émerger des possibles : l’auto-organisation palestinienne face à la Covid ; l’affirmation de libertés des iraniennes, ou la résistance des peuples autochtones. Aux USA même le mouvement « Black live matter » ancre durablement un mouvement des droits civiques d’une vigueur nouvelle et des caciques démocrates sont détrônés par la vague progressiste. Plus récemment en Biélorussie, un mouvement populaire largement auto-organisé est en lutte contre un oligarque qui semblait jusque récemment de granit.

L’éclosion persistante de mouvements populaires révèle autant de points d’appui à des résistances et à la création de nouveaux communs.

La question d’un nouvel ordre international est à l’ordre du jour. S’imposera-t-il de fait dans les tribulations d’une recomposition du capitalisme ? Comment pèseront ces mouvements populaires ? Arrivera-t-on à faire émerger de nouvelles « règles » mondiales du commerce et des échanges, de la circulation des personnes, de la préservation de la planète ?

Il nous appartient de faire mouvement à partir de ces points d’appui.

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