Délicieux

Les métropoles barbares

Réédition en poche ne comportant plus son sous-titre éloquent « Démondialiser la ville, désurbaniser la terre », ce livre dense est incontournable par la pertinence de ses constats, et la radicalité féconde de sa critique territoriale et urbaine ouvrant des débats fondamentaux et passionnants dans le champ des alternatives systémiques et civilisationnelles. Il dénonce l’impérialisme mortifère des métropoles, machines territoriales gigantesques, invivables et écologiquement désastreuses qui procèdent de la financiarisation néolibérale et de sa volonté de contrôle biopolitique. Et tente d’en déconstruire les sources dans une mythification historique de la ville pour libérer d’autres désirs, imaginaires et réalités possibles dans une nouvelle territorialité comme l’un de nos fondements anthropologiques. On partage moins sa réduction de la terre à la seule matrice nourricière, oubliant la dimension bâtisseur de l’homo faber irréductible à un hubris à éradiquer, et au cœur d’un codéveloppement humain-artefact-nature ! Mais aussi sa tendance à pricaavilégier la petite échelle, alors même que le combat planétaire pour l’émancipation humaine et l’écologie suppose l’invention d’une maîtrise démocratique de toutes les échelles et de leurs interrelations complexes.

Makan Rafadjou

Les métropoles barbares, Guillaume Faburel, Le Passager Clandestin, 432p. 10 euros

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *