Délicieux

La guerre sociale en France

Romaric Godin, journaliste économique à Mediapart, signe ici un ouvrage clé pour comprendre l’objectif et la place spécifique du macronisme en France. Sous-titré « Aux sources économiques de la démocratie autoritaire », l’auteur explique la dérive de plus en plus répressive de la « démocratie libérale » française. Revenant aux origines du néolibéralisme en France, il dresse le constat que celui-ci ne s’y est jamais totalement installé, contrairement aux autres pays européens. Il explique historiquement l’attachement fort de la population à l’État issu de l’après-guerre qui garantissait un certain équilibre entre capital et travail. Ceci n’est plus possible avec le néolibéralisme qui signifie l’instrumentalisation de l’État aux fins de servir « l’équilibre du marché ». De ce point de vue, les partis de gauche comme de droite qui ont cherché à appliquer l’agenda néolibéral ont rencontré des oppositions tellement fortes qu’ils en ont dilapidé leur base électorale. Dès lors, le macronisme apparaît comme une force se positionnant à « l’extrême-centre », minoritaire dans la population mais majoritaire dans les institutions, qui a pour mission de finaliser la mise en place du néolibéralisme en n’hésitant pas à recourir à l’autoritarisme. Une analyse très fine de l’origine de ce courant politique.

Benoit Borrits

Romaric Godin La guerre sociale en France, Aux sources économiques de la démocratie autoritaire, Editions La Découverte, 2019, 246 pages, 18 euros

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *