Construire, organiser, fédérer les luttes, leur donner un cours et des perspectives émancipatrices : tel est l’objet des organisations syndicales, du moins de celles qui se veulent « de luttes », « alternatives » ou « révolutionnaires ». De quoi s’intéresser au mouvement des lycéennes et lycéens, qui s’est élargi aux étudiants et étudiantes.
S’y intéresser, le soutenir, s’y intégrer parce que ces jeunes font partie de notre classe sociale, celle des travailleurs et travailleuses en activité, en retraite, au chômage ou … en formation ; mais pas tenter de le manipuler comme le font des groupes politiques pour qui l’objectif est de récupérer quelques militant‧es.
Somme toute, vu des syndicats, les choses sont simples, devraient être simples. Mais vu des lycéennes et lycéens ? Le lycée Saint-Exupéry de Créteil est un des points de départ du mouvement devenu national. Il y a 53 ans et demi, c’est de là que j’ai fait mes premières manif., c’est dire ma légitimité à parler de ce mouvement ! Trêve de plaisanterie, il ne s’agit pas ici de parler à la place des jeunes qui font le mouvement social d’aujourd’hui, mais de mettre en exergue quelques points saillants. Les jeunes qui manifestent dénoncent vivement l’extrême droite, le racisme, le fascisme ; surtout, ils et elles les font reculer, car, une fois de plus, Rassemblement national et autres groupes d’extrême droite sont à la peine en temps de mouvement social. L’extrême droite se dévoile : « Nous n’avons pas besoin d’une génération de glandeurs et de manifestants » dixit Marion Maréchal-Le Pen, tandis que Marine Le Pen ou Jordan Bardella ne voient le mouvement en cours qu’à travers le soutien aux forces de répression et les appels à en finir avec les grèves.
La violence policière, la violence d’État donc, est extrêmement forte. De très jeunes lycéens et lycéennes en sont victimes. L’appel de nombreuses organisations syndicales à assurer la sécurité des enfants des salarié‧es a été entendu ; et il a été compris par la grande majorité des lycéennes et lycéens. Ce n’est pas les infantiliser, au contraire c’est agir vis-à-vis de leurs manifestations comme cela se fait pour toutes les manifestations syndicales.
De même, les appels syndicaux, souvent unitaires, à participer aux journées d’action nationales décidées par les lycéens et les lycéennes sont positifs. En témoigne le contexte dans lequel se passent les manifestations. Nos camarades de l’Union syndicale Solidaires et notamment de Solidaires Etudiant‧e‧s sont en contact avec les syndicats lycéens ; avec les difficultés inhérentes au turn-over inévitable dans ce secteur, le Mouvement national lycéen (MNL) se développe, des syndicats SUD Lycéens se (re)créent dans plusieurs villes. C’est sans doute le cas pour d’autres organisations syndicales.
Les jeunes et le syndicalisme ? Les jeunes et le politique ? C’est en direct, chaque jour depuis près d’un mois !
Christian Mahieux


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