Délicieux.

Articles courts à déguster à tout moment.

La solitude des professeurs est infinie

Ce titre m’a tout de suite rappelé mon vécu de prof et pleins de moments de ma vie d’enseignant sont revenus à la surface. Déjà les mots dans le titre Solitude et infinie m’ont laissé dans un abîme d’interrogation. Oui ! l’enseignant est vraiment seul devant sa classe. Et la difficulté à partager avec les collègues nos moments de doute, d’incertitude de difficulté est parfois infinie. Yannick Haenel a transposé dans le personnage sa propre expérience d’enseignant dans un collège de banlieue. Le roman est mêlé de réflexions sur ce qu’est la transmission des savoirs et sur une institution en crise que le pouvoir macronien a contribué à mettre en grande difficulté Le roman évoque aussi l’enthousiasme des jeunes professeurs avec l’idée du TOUS Capables. Il évoque l’apprentissage d’un poème, séquence largement inspirée de l’Éducation Nouvelle. L’originalité du livre tient au fait que ce n’est pas un simple témoignage. La solitude du professeur n’est pas seulement celle d’un individu isolé dans sa classe. Elle est une solitude existentielle. Solitude du métier : les classes difficiles, la violence, l’administration pas toujours à la hauteur, la fatigue, mais aussi ces moments rares où quelque chose se produit entre un professeur et ses élèves. Pour Haenel, enseigner le français consiste à faire éprouver la puissance de la littérature. Alors la littérature devient une possibilité d’évasion, de transformation de notre imaginaire vers la lumière.

Daniel Rome

La solitude des professeurs est infinie, Yannick Haenel, Gallimard, 320 p., 21,50€

Partager sur :         
Retour en haut