Des forêts brûlent un peu partout en France, et même en Île de France ! Ces feux détruisent la biodiversité végétale et animale, mais ils maltraitent aussi les sols. La vie ne pourra se développer sous les cendres qui étouffent les sols et dans lesquelles couve – peut-être – le feu de demain.
« Imprévisible !» tentent de nous convaincre les médias aux ordres et les politiques au service du capitalisme. Auraient-ils oublié l’avertissement des incendies précédents, non négligeables ? Vont-ils oublier aussi la catastrophe de maintenant ? Et pourtant le GIEC, les chercheurs et les scientifiques, nous avaient prévenus que le dérèglement climatique allait croissant. Comment font-ils, ces politiques sourds et aveugles, pour ne pas comprendre qu’une banquise qui fond passe de l’état « réserve d’eau douce » vers une augmentation de l’eau salée ? Ne savent-il pas que l’eau douce de la planète représente à peine 2 % des masses d’eau et que seule l’eau douce donne et prolonge la vie ?
L’eau est produite par nos arbres qui, depuis leurs racines, vont chercher l’eau des nappes souterraines avant de l’exsuder par leurs feuilles, eau que recueilleront les nuages qui nous apportent la pluie. Eau que l’arbre rendra à la terre. Les spéléologues racontent qu‘une racine qui perce la voûte d’une cavité laisse perler des gouttes d’eau. Cette eau, filtrée par les sols, alimente les ressources souterraines de qualité qui seront les aquifères de demain, si nul ne les altère, ou ne coupe en masse les arbres qui en sont le vecteur. Pauvre Amazonie, vouée à devenir sertao !
Cette Nature, complexe et protectrice de nos vies d’Hommes, est menacée par de
pseudo-scientifiques qui prônent la « décarbonation », soi-disant pour nous protéger – et en vérité, pour engranger des subventions de l’Europe et de la France avant d’engranger des profits. Pour « décarboner », il leur faut des quantités massives de « biomasse ». Entendez par là cultures vivrières, mais surtout arbres. Ces arbres, quand on les laisse en paix, sont aussi des puits de carbone. Mais si on les coupe en masse, cette vertu disparaît, et quand ils brûlent comme maintenant, ils relarguent des quantités inimaginables de CO2. Sont-ils aveugles, les « décarboneurs » ? Ne voient-ils pas l’évidente destruction complète du vivant par le feu ?
Or pour décarboner vraiment la planète, il est impératif de reforester avec des feuillus, en mélangeant les essences pour que la forêt puisse résister au feu et reconstitue son biotope, végétal et animal – ce qui sera très long.
Ici, dans les Hautes Pyrénées, nous avons, par la volonté citoyenne, chassé la multinationale Florian, qui voulait faire main basse sur nos forêts de hêtres. Mais maintenant, nous avons affaire à plus forte partie : une start-up biberonnée à millions par l’Europe, la Banque française d’Investissement et quelques autres, dont un fond de pension néerlandais. Nous nous organisons, sur toute la chaîne, des Catalans aux Basques, pour tenter d’empêcher qu’ECHO – située sur la plateforme de Lacq et qui veut faire du carburant pour l’aviation à partir de la « biomasse » – ne s’en prenne aux arbres des Pyrénées. Car la planète a besoin d’eux, et nous les Humains n’avons que cette planète finie. Alors, chênes, tilleuls, ormes, hêtres, frênes, châtaigniers, sapins et pins, nous vous défendrons ! Deux assos « Touche pas à ma forêt Pyrénées » et « Forêts Vivantes Pyrénées » vous invitent, les 26 et 27 septembre 2026, au Festival de la Forêt et du Monde habitable venez nous y rejoindre, à Nestier, dans les Hautes Pyrénées, à la limite de l’Ariège.
Notre but est de sanctuariser les arbres, la forêt et son biotope, l’Eau et les zones humides.
Nous autres pyrénéens, depuis plus d’un siècle, nous partageons notre eau, grâce au Canal de la Neste, œuvre des ingénieurs du XIXe siècle, pour que le Gers puisse boire et arroser et pour que la Garonne ne soit pas un cloaque à Toulouse. Ce qui reste de nos glaciers alimente les Gaves pour que Pau ait de l’eau. Nous voudrions que nos forêts soient jardinées et non surexploitées, n’en déplaise aux décarboneurs, avides d’argent frais. Nous voulons, en accord avec la Confédération paysanne, que nos champs produisent des légumes et des céréales variés sur des sols vivants et peu labourés. Nous voulons une nourriture saine pour nos animaux et non du maïs ou du soja pour alimenter les méthaniseurs ou servir de « biomasse » aux décarboneurs. Les prairies devraient être pacagées par des animaux en liberté, comme les estives destinées à la transhumance.
Mais ce beau rêve est menacé par la canicule qui s’installe, qui jaunit les prairies, qui tarit les sources et qui fait dépérir les arbres et les cultures. Menacé aussi – et plus encore – par ECHO qui prétend déforester les Pyrénées pour faire du carburant de synthèse pour les avions et les tankers. Alors que ce carburant, imaginé pour « verdir » l’aviation ne représentera jamais que 2 % du volume total, les Pyrénées se retrouveront à nu, sans puits de carbone ni eau potable « entre mirage et fuite en avant », titre de l’article de Dominique Cellier, d’Attac Rouen qui conclut en disant que « le recours aux carburants alternatifs pour l’aviation ne constituera pas une transition énergétique ou écologique, compte-tenu du développement du transport aérien et des choix de la part des compagnies et des gouvernements de ne pas vouloir le limiter » et « qu’il n’y aura pas de solution sans maîtrise et décroissance du transport aérien ». Mais comment l’obtenir ? D’autant que (dernière nouvelle !) l’État vient de reconnaître ECHO projet d’intérêt national majeur. Ce qui permet d’accélérer certaines exigences procédurales. Autrement dit, la lutte est encore devant nous, il nous faut résister. Ensemble, nous vaincrons !
Michel et Monique Sanciaud pour Attac65



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