Horizons d'émancipations.

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Écologie étouffée, planète incendiée : L’heure de la riposte politique doit sonner

La crise climatique s’intensifie, les records de température s’enchaînent, les mégafeux ravagent les continents et pourtant, le débat politique semble plus hermétique que jamais aux réponses écologistes. Alors que l’urgence imposerait un changement de cap radical, les mouvements écologistes — et tout particulièrement Les Écologistes-EELV— se heurtent à une forme d’inaudibilité chronique. 

Comment expliquer ce décalage saisissant entre la réalité du désastre et la marginalisation du discours qui entend y faire face ?

Pourtant, l’histoire ne date pas d’hier. Cela fait plus de cinquante ans que les premières alertes ont été lancées. C’est dans cette effervescence que l’écologie politique a forgé ses armes, portée par les luttes mythiques du Larzac ou des Lip — prouvant dès l’origine la puissance d’une alliance entre ouvriers et paysans.

Anatomie d’un étouffement politique

Cette inaudibilité n’est pas un accident : c’est le produit d’une stratégie d’asphyxie mise en œuvre par le pouvoir et par les intérêts financiers. Dénigrer, caricaturer, prendre en étau. Une mécanique bien huilée.

Le piège de l’« écologie punitive » : tout discours appelant à la sobriété ou à la régulation industrielle est immédiatement requalifié par ses adversaires en une attaque contre les classes populaires ou la liberté individuelle. L’écologie est présentée comme un fardeau, jamais comme un projet d’émancipation.

Ils regardent le doigt plutôt que la lune… Dans le paysage médiatique contemporain, l’action militante est souvent réduite à son mode opératoire (blocages, actions d’éclat) au détriment du message scientifique qu’elle porte. Le débat glisse systématiquement du pourquoi au comment, neutralisant la portée politique du diagnostic. La forme est décriée au détriment du fond et fait paravent au discours.

Pour Les Écologistes, l’exercice est périlleux. Enfermés entre l’exigence d’une rupture systémique et les contraintes du jeu institutionnel pour être « crédibles », ils peinent à faire entendre un récit désirable, radical et rassembleur. À force d’hésiter entre la radicalité du terrain et le compromis institutionnel, le récit s’effiloche et l’élan populaire s’éteint.

De l’inaudibilité à l’inaction politique

Cette incapacité à imposer l’agenda a des conséquences dramatiques sur l’action publique. En reléguant l’écologie politique aux marges, elle permet aux gouvernements successifs de multiplier les renoncements sous couvert de « réalisme » : petits pas sans impact, chèques d’urgence et mirages technologiques, réintroduction de pesticide sous couvert de crise agricole.

L’inaudibilité entretient ainsi l’illusion qu’il serait possible de négocier avec le climat sans transformer radicalement nos structures économiques et sociales. Elle plonge une partie des citoyens dans la résignation, le sentiment d’impuissance et l’éco-anxiété.

Le cadre actuel est verrouillé ? Faisons-le sauter.

Il ne s’agit plus de documenter le désastre ni d’interpeller poliment les décideurs. Il faut ré-ancrer la lutte écologique là où elle est la plus forte : au cœur du quotidien. Canicules à répétition, coupures électriques, villages ravagés par les flammes : la crise climatique percute déjà nos vies. Et ce sont toujours les plus précaires qui prennent la vague de plein fouet : ceux qui étouffent dans des passoires thermiques, ceux qui s’épuisent sur les chantiers sous 40 °C, ceux qui perdent tout lors des évacuations.

L’écologie politique doit se réapproprier d’urgence le terrain de la justice sociale.

Cela passe impérativement par une action concrète dans et avec les quartiers populaires. Premiers impacté·e·s par les pollutions et la précarité énergétique, leurs habitant·e·s sont déjà mobilisé·e·s, bien plus qu’on ne veut nous le faire croire.

Aujourd’hui, le constat est sans appel : pour préserver ses privilèges, le néolibéralisme s’allie sans complexe avec l’extrême droite, tandis que le social-libéralisme s’obstine à vouloir concilier capitalisme et sauvegarde de la planète. Quarante ans de ces politiques d’illusion ont prouvé leur échec total face à la destruction du vivant.

Face au cynisme ambiant, nous n’avons plus le temps pour les compromis. Pour être enfin audibles, nous devons porter une alternative d’émancipation : désirable, populaire et offensive.

François Longerinas, Sonia Pignot, militant.e.s écologistes des Verts populaires (Seine-Saint-Denis)

 

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