Délicieux.

Articles courts à déguster à tout moment.

Le dernier des siens 

Envoyé étudier en 1835 la faune d’Europe du Nord, le jeune Gus se retrouve à recueillir un pingouin. L’un des derniers, tant cet animal est chassé pour sa peau, sa viande et autres trafics. 

Mais le rapatriement est compliqué ; des liens se tissent entre l’humain et l’animal. Un apprentissage réciproque, les découvertes de leurs eux mondes. Le récit de cette sorte d’amitié constitue à lui seul un intérêt de grande qualité. Ce pingouin, dont il se sent désormais responsable, le dernier de son espèce sans doute, à connaître les sensations, l’instinct, le langage, dépositaire ultime de plus de cent mille ans d’existence terrestre. 

Ce livre est aussi une réflexion profonde sur le vivant. Gus observe ainsi « les usages anciens à travers ce pingouin ». Il y notait la mue du vivant. Ce compagnonnage nous offre les intersections entre ces deux mondes, la création d’un rapport singulier échappant à la domination annoncée de l’humain sur le reste du vivant. Le séjour aux îles Féroé ne fait que renforcer ces interactions. 

On voit l’écho que ce récit peut susciter face aux désarrois climatiques du monde actuel ; Plus largement à l’irresponsabilité, chasseresse ici, des humains.

Quelques pages pointent combien se moquer d’un animal est cruel autant que dérisoire. 

Ce roman n’est pas la relation d’une histoire vraie mais elle est solidement documentée. Une belle découverte, aisée à la lecture, intelligente à la pensée…

Patrick Vassallo 

Le dernier des siens, Sibylle Grimbert, éditions Anne Carrière, 2022, 192 pages, 18,90€, poche 7,50€

Partager sur :         
Retour en haut