Alain Badiou, dans cette brochure style années 70, proclame une politique qui refuse la distinction entre le possible et l’impossible. Il engage cette réflexion depuis Nuit debout, renvoyant l’État à sa fonction répressive (mais pas seulement) au service de la bourgeoisie. Le mouvement est une pratique non politique de la politique, ou plus exactement « une politique qui fait disparaître le politique ; les masses dissolvent l’État ». Ce qu’il considère comme un outil essentiel de l’émancipation (même s’il n’emploie pas le terme) vers le communisme.
Un autre axe de ce livret est que la politique c’est du conflit, des débats. Sinon nous sommes dans une fiction (la pensée unique) que seuls les dominants maîtrisent. Si le mouvement c’est des débats, des mots d’ordre, une dynamique, aller au bout suppose de renouveler la visée. Éclairages historiques à l’appui. Autrement dit un mouvement de masse n’a de bénéfice durable que s’il produit une perspective politique « à usage immédiat ».
Dans cette visée, casser le monopole capitaliste sur le désir de modernité permet un récit « idéologique », qui ne s’engonce pas dans la tradition, un conservatisme, par/pour conservation des pouvoirs acquis (critique vive du « socialisme réel »). Plus mondialement, Badiou appelle à casser le « désir d’Occident ». Besoin d’un autre altermondialisme, d’un internationalisme émancipateur.
Patrick Vassallo
Alain Badiou, Sur la politique aujourd’hui, éditions des Lumières, 2026, 80 p., 8,50€


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