Culture.

PArce qu’on ne peut pas s’émanciper sans aile !


La Commune de 1871

Pour la Commune, l’ancrage de la culture participe de l’identité du peuple : « pour se parler, encore faut-il que l’autre soit à la hauteur » ; ou « le droit et la liberté de s’instruire  ». L’action culturelle ne vient pas en plus du pain réclamé mais en fait partie. Trois vecteurs ont été privilégiés, reprenant en cela l’héritage de la Révolution française…

  • L’Ecole rendue publique, échappe dès le 6 mai à l’Eglise et au privé. Laïcité et gratuité. Avec des soucis encore actuels : « on ne farcit pas les cervelles, on fait appel à l’expérience ». Apparition des écoles professionnelles et des cours du soir. Avec la revendication d’associer étude et plaisir. Et signe profond : tout cet édifice est ouvert aux filles.
    Le 17 mai organisation des crèches : « se cultiver commence avec l’éveil des tout petits ».
    Et si nécessaire, prévoir la nourriture et la prise en charge de l’habillement des enfants les plus pauvres (garçons et filles).
  • Les musées. 1792 avait commencé à faire de résidences des privilégiés et de leurs collections des lieux publics. Ce mouvement reprend et s’étend. Le Jardin des Tuileries sera désormais ouvert aux enfants. Des salles connues vont devenir largement publiques pour que le tout-venant puisse accéder à la philosophie, à l’Histoire, à l’Art. Une réorganisation des Beaux-Arts supprime toute censure d’état, et intègre la nécessité de dégager le créateur du poids de l’éditeur.
  • La presse et les clubs. Est-ce de la culture ou de la politique ? Bien malin/gne ou bien conformiste qui dissociera culture et politique. Dans ses beaux jours, l’action culturelle du PC occupait une place importante dans la vie culturelle : semaine de la pensée marxiste, salons du livre, création de l’hebdomadaire Les Lettres françaises avec Aragon, les pages cinémas qui faisaient concurrence aux cahiers du cinéma ; le prix littéraire Paul-Vaillant Couturier et j’en passe…

Une des conséquences de la lecture d’une presse libre et de la participation aux clubs aura été une élévation du niveau intellectuel des communards.

Et, nous en héritons.

Pierre Zarka

Photo : Une séance du Club des femmes

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