Culture.

PArce qu’on ne peut pas s’émanciper sans aile !


Culture, Commune, Front Pop

2 éclairages sur un rayon culturel issu de deux évènements phares du mouvement ouvrier : la Commune de Paris 1871 et le Front Populaire de 36. Pour mémoire et par héritage

Ah les beaux jours…

La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert. André Malraux

Il y a 90 ans le Front populaire gagne les élections législatives en mai 1936, victoire suivie par des grèves importantes dans le pays avec occupation d’usines pour obliger le gouvernement à mettre rapidement en œuvre le programme pour lequel il avait été élu notamment les congés payés et la semaine de 40h. Sur le plan culturel et sous l’impulsion de Jean Zay ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts Le Gouvernement du Front Populaire (SFIO et Parti Radical) soutenu par le jeune Parti Communiste propose des réformes qui marqueront durablement le secteur de la culture et de l’Éducation, grâce aussi à la détermination de la CGT et du mouvement associatif.

Le Front Populaire montre une volonté forte à démocratiser et moderniser le système scolaire. Les réformes engagées visent à corriger les inégalités sociale. Le Gouvernement de Front populaire prolonge la scolarité obligatoire de treize à quatorze ans, limite à trente-cinq le nombre d’élèves par classe, rend l’éducation physique obligatoire, généralise la médecine préventive pour les étudiants et crée un Comité supérieur des œuvres sociales en faveur des étudiants. Il dépose un projet de loi créant une École nationale d’administration qui ne verra le jour qu’après la guerre ; Le Front Populaire créé le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Le ministre donne l’impulsion à la création du musée d’Art moderne et du musée national des Arts et Traditions populaires. Il dépose aussi un projet de statut du cinéma français et prépare pour septembre 1939 le premier festival de Cannes. Les nombreuses réformes dans le domaine de l’éducation concernent l’unification du primaire, l’obligation scolaire (qui passe de 13 à 14 ans), de nouvelles instructions pédagogiques qui invitent déjà aux méthodes actives et novatrices, au développement de l’éducation physique, au recours à des classes transplantées ; il contribue au développement de la recherche pédagogique, permet l’accès aux bourses, installe les prémices des services d’orientation et l’accroissement de la formation des enseignants et de leur nombre… Il réforme le droit d’auteur pour protéger la propriété intellectuelle.

L’action du Front Populaire au service de la culture et des Beaux-Arts « pour tous » est remarquable : Création du Musée de l’Homme et du Musée d’Art Moderne, réorganisation des théâtres nationaux. Il décide d’ouvrir les musées aux humbles, aux personnes modestes, qui souvent ont commencé à travailler dès l’âge de 13 ans après l’obtention du « certif » car il sait que le peuple n’est pas insensible à la beauté et à l’art. C’est une période où la CGT et les partis de gauche organisent des universités ouvrières pour permettre au peuple d’accéder à la connaissance et aux Beaux-Arts. Le Front Populaire reçoit le soutien de nombreux artistes. Il ouvre la Comédie française et l’Odéon à de jeunes metteurs en scène.  Edouard Bourdet accepte de relever le défi, il est aidé dans sa tâche par des metteurs en scène très originaux pour l’époque : Baty, Copeau Dullin et Louis Jouvet. Cette démarche politique ouvrira quelques années plus tard à la création du festival d’Avignon sous l’égide de Jean Vilar. Le Front Populaire encourage par ailleurs le principe des bibliothèques mobiles (les bibliobus) et des « loisirs dirigés » à destination des élèves le samedi après-midi. Il finance des projets pour développer le cinéma scolaire et permettre aux élèves d’acquérir une culture générale plus étendue. Des décennies plus tard nous avons tous connus les ciné-clubs dans les collèges et lycées. Il posera les bases, sans en être à la mise en œuvre du Festival de Cannes qui devait voir le jour en 1939 et qui sera finalement créé en 1946.

Pour conclure on ne peut que constater l’écart entre la politique culturelle du Front populaire avec les choix politiques menés depuis 25 ans, où au fil des ans la Culture devient le parent pauvre des choix budgétaires, un outil de rentabilité immédiate pour le Capital et plus récemment la culture complètement massacrée depuis 2017 et plus particulièrement par la dernière ministre en date qui s’échine à appliquer des choix dignes de Donald Trump.

Daniel Rome

Photo : La belle équipe, Film réalisé par Julien Duvivier
À la fin des années 1930, cinq ouvriers parisiens Jean, Charles, Raymond, Jacques et Mario, réfugié espagnol menacé d’expulsion, souffrent du chômage et autres difficultés. Ils achètent ensemble un billet de la loterie nationale et gagnent le gros lot. Ils achètent ensemble une maison sur les bords de Marne pour la transformer en guinguette.

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