Délicieux.

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Furcy, né libre

A l’Ile Bourbon (La Réunion), dans le siècle de la Révolution Française, Furcy bataille pour faire reconnaître son droit à vivre libre. Né libre d’une mère qui vit le jour dans un comptoir indien, il affronte l’hégémonie esclavagiste, les maîtres de domaines dont toute l’économie est basée sur cette ignominie humaine.

Plusieurs séquences sont difficiles à supporter. Quelques autres résonnent avec horreur avec le génocide palestinien ou les massacres que justifie la déraison d’Etat.

Derrière le combat d’un homme, et de quelques proches, son calvaire et sa détermination, l’affrontement fait rage entre anti esclavagistes et tenants de l’ordre colonial et économique.

Si ce film n’est pas un documentaire antiraciste ou anti esclavagiste, il en présente quelques clés. L’immuabilité du suprématisme en fait partie, le rappel de l’ordre social aussi. La bourgeoisie locale y est décrite sans fard ni excès. On pourra regretter la solitude du « héros » et l’invisibilité d’une solidarité entre opprimés.

Cette belle œuvre, au jeu d’acteur et au scénario de qualité, ravive un continuum de l’exploitation capitaliste. La dernière déclaration du président du tribunal et la chanson qui clôture ce film sont d’une remarquable acuité. Et actualité.

Si les décrets d’abolition de l’esclavage datent de 1794, puis 1848, le code noir (de Napoléon) n’a, lui, toujours pas été aboli.

Patrick Vassallo

Furcy, né libre, Réalisation Abd al Malik, Scénario Étienne Comar, Jerico Films, Arches Films, en coproduction avec France 3 Cinéma, 1h48, sortie 14 janvier 2026

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