Pas de budget voté. C’est un évènement, le symptôme d’un système qui ne peut pas continuer. Sous la demande de millions de personnes, pour une part de l’assemblée un budget doit faire participer les fortunes et les géants de l’économie à la vie collective, pour l’autre c’est impensable. Les deux projets sont inconciliables.
Et ce n’est pas fini. Tout occupé à constituer des réserves pour financer de vastes opérations financières (l’IA, l’espace, l’alimentation macro chimique, la maîtrise de l’eau…) et à abattre les systèmes de solidarité, le capitalisme a depuis toujours la sécurité sociale dans le viseur. Après les ordonnances de 67, les directives européennes contre la mutualité, le paiement à l’acte et la marchandisation de la santé, l’offensive menée par Macron et ses gouvernements annonce un nouvel hallali. Tout cet argent fait convoitise et surtout ce système montre qu’en mutualisant, c’est beaucoup mieux que de laisser les méritants se payer un luxe que les trimeurs n’auraient pas : mérite libertarien contre wokisme communiste…
Plutôt que de regarder le « trou » de la sécu par le petit bout de la lorgnette, voyons les causes de dégradation de notre santé et réduisons ainsi les dépenses : santé mentale (burn-out, maux du travail, dégradation chez une grande partie des jeunes maltraités et précarisés), santé physique, pfas et pesticides à l’origine des cancers…
La « SECU » est-elle seulement un moyen de réparer la maladie de celleux qui ne le peuvent pas ou un moyen de faire société ? Des caisses de secours du XIX° siècle à la sécurité SOCIALE de 1948, une tout autre démarche a été promue. On ne parlerait pas, sinon, de prévention, de santé publique, on irait se faire télé diagnostiquer et on passerait chez le « vendeur de drogues » suivant. Or les besoins sociaux sont à l’opposé.
Épiceries sociales, sécurité sociale de l’alimentation, coopératives multiservices, « aidants/es », WWOOFing, les initiatives se multiplient. Pourquoi ne pas faire assurance aussi pour la garderie des tout-petits, pour le grand âge, et encore pour baisser la charge foncière en ruralités (Terre de Liens), dans nos communes (la municipalisation des sols prônée par le programme commun jadis !). A l’allocation étudiante pour mener ses études dans des conditions correctes, pourquoi ne pas adjoindre un droit à Erasmus. Le droit à congés menstruels rentre peu à peu dans les « mœurs ». Couvrir ces risques neutraliserait un délitement des individus, de la société et des territoires.
L’actualité nous dit qu’il vaut mieux que le mouvement populaire s’empare de la question plutôt que de souhaiter que cela vienne d’un parlement.
Patrick Vassallo


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