Depuis de fort nombreuses années, l’extrême droite a imposé son cadre de pensée dans le débat public. Même à gauche ont été repris « le problème de l’immigration », le « coût » du travail, sans parler de frilosités multiples face aux discriminations ou à l’état du monde…
Dans les médias, Bolloré, Stérin et d’autres ont de plus de plus d’emprises et tissent une hégémonie qui ne se limite pas à la communication mais s’attaque désormais à la culture. La droitisation est surtout celle des élites et des dominants. En face les clivages s’approfondissent et laissent dépolitisation et apories du « café du commerce » occuper le vide. Le recul de « la pensée », le goût du débat (gangréné par la violence) s’effrite. La pression fasciste, notamment dans la rue, met sur la défensive des acteurs culturels, des mouvements LGBTQI+ ou cultuels (musulmans). Le racisme n’est plus souvent considéré comme un délit mais comme une opinion. Après Me Too et les avancées sur le genre, le masculinisme se réaffirme. Les courants les plus conservateurs des religions s’implantent.
Les résistances sont nombreuses, les initiatives « anti » se multiplient. Mais de tout évidence le consensus social issu de la Resistance, en Europe occidentale, et du multilatéralisme construit après la 2de guerre mondiale et avec la décolonisation est désormais mis à mal, rompu. La force impose sa loi, de Trump à Macron. La démocratie est elle-même en crise. Une reconstruction des communs, de ce qui fait société, y compris société monde est à l’ordre du jour. Quelles clés, quelles idées peut-on avancer pour comprendre et contrer la fascisation ?
Une élue iséroise, du réseau coopératif Gauche Alternative et une journaliste donnent leur point de vue.
Photo d’entête : le site de “Contre-Attaque”


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