Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

État : les illusions perdues

Traditionnellement État et politique se confondent. Les mouvements se tournent souvent vers lui pour obtenir satisfaction. Certains ont évoqué « l’État-providence » comme si on lui devait protection et acquis. Ne confond-on pas Etat-nation-peuple ? État et gouvernement ?

On évoque la « démocratie-représentative » comme si elle était LA démocratie. L’État est-il seul en capacité de « faire du commun » ? Les libertariens ont leur réponse et déjà ils pillent les fonds publics et envisagent de faire sécession.

Alors, comment articuler État et société autogérée ? Qu’entendre par démocratie ? Aujourd’hui, les difficultés à former un gouvernement sont-elles circonstancielles ou mettent-elles en lumière un seuil que notre époque franchit ?

Faire un pas de côté

Les mouvements se tournent souvent vers l’Etat pour obtenir satisfaction. Pour sortir de cette posture, comment articuler État et société autogérée ? Qu’entendre par démocratie ? Plusieurs contributions en ligne sur le site de Cerises ont ouvert le débat avant notre visio-débat.

Dans Contre l’État, la politique, Alain Bertho nous donne une définition : « l’État n’est pas seulement le gouvernement mais tout ce qui unifie, normalise, règle la vie des hommes, et forme une institutionnalisation des relations humaines ». Alain Rey dans son dictionnaire historique de la langue française, parle d’une autorité souveraine qui s’exerce sur l’ensemble d’un peuple et d’un territoire et qui peut prendre des formes différentes, comme la forme d’un État autoritaire. Pour Marx, c’est l’instrument d’oppression par lequel la classe économique favorisée établit sa domination sur la classe des travailleurs. De même, les mots de Makan Rafatdjou pour caractériser l’État dans son portrait chinois nous disent bien dans quel monde nous vivons : autorité, oppression, domination, exploitation, propriété, soumission, verticalité…

Alain Bertho, toujours dans le même ouvrage, affirme qu’ « à vouloir conserver la centralité de la question de l’État et du pouvoir, la politique est gagnée par la nécrose. L’échec de tentatives de renouvellement politique qui se sont cantonnées au champ de l’État est patent ».

Ne faut-il pas faire un pas de côté et inventer de nouvelles formes d’agir ? Patrick Vassallo et Patrick Le Trehondat nous invitent à voir ce qu’il y a de nouveau dans les aspirations qui montent dans la société – et pas seulement chez les jeunes – comme la volonté de redéfinir les rapports à l’État et aux collectivités territoriales :  communalisme, tiers-lieux innovants, coopératives de fait, Zones A Défendre…

Il s’agit d’approches qui rompent avec les démarches délégataires auprès de son député, son patron, ou de l’organisme d’État pour leur réclamer ce qu’ils ne peuvent ou ne veulent pas faire. Une stratégie autogestionnaire. Proclamer des espaces politiques et sociaux émancipés et efficaces d’où l’État est expulsé.

L’État et le patronat ne supportent pas la Constitution indépendante de pouvoirs qui prétendent gérer mieux que lui, et surtout au bénéfice des intérêts de classes subalternes.

Démystifier l’État, mettre en lumière des expériences significatives de déconstruction de l’État, inciter à poursuivre ces expériences et ouvrir de nouveaux espaces politiques et sociaux émancipés de l’État, mutualiser ces expériences pour modifier les rapports sociaux et ouvrir de nouveaux communs. Est-ce que cela qu’il faut faire ? Et si oui, concrètement, on fait comment ? On en débat ?

L’équipe de rédaction

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