Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

Désarmer Bolloré, désarmer les riches

De quoi Bolloré est-il le nom ?

Comprendre comment les ultra-riches construisent leur fortune, comment ils organisent leur puissance d’agir, est essentiel pour élaborer l’alternative. Bolloré soigne son image d’industriel breton choyé par le CAC 40, les banquiers d’affaire et les politiques de droite mais aussi de gauche. Pourtant l’envers du décor n’est pas très reluisant.

De la fabrique de papier à cigarette à l’empire médiatique (Canal+, Cnews, JDD, Europe1, groupe Prisma, une bonne partie de l’édition française…) c’est à coup de raids boursiers que le dirigeant breton construit son empire. Grâce à la plus value dégagée dans chaque entreprise dont il s’empare, Bolloré achète et vend au gré des marchés financiers. Il s’implante en Afrique (tabac, caoutchouc, huile de palme), développe ses activités dans le transport, la logistique, les ports (activités vendues en 2022) et s’empare de nombreux médias qu’il veut mettre au service de son idéologie réactionnaire.

Poser la question de qui doit décider de l’utilisation de la plus value dégagée par les salarié.es d’une entreprise est donc primordial.

D’autant que l’acquisition de cette plus value, pour ce qui concerne Bolloré est controversée. Le collectif Restitution Afrique composé de 11 ONG africaines et françaises a porté plainte en mars 2025 contre le groupe Bolloré pour recel et blanchiment d’actifs. Le collectif demande le retour de l’argent détourné lors de la vente en 2022 des 16 concessions portuaires considérant que ces concessions ont été acquises grâce à un trafic d’influence, de favoritisme ou de prise illégale d’intérêts.

Un empire au service d’une idéologie réactionnaire

Chacun se souvient du lendemain de l’élection présidentielle de 2007 quand Sarkozy, nouveau chef de l’état, rejoint le yacht de Bolloré au large de Malte à bord du Falcone de ce même Bolloré pour y passer 3 jours de vacances. Car Bolloré soigne ses relations, son père était l’ami de Giscard, lui même est l’ami de Sarkozy et de Macron, mais aussi de Le Drian et de Poignant, conseiller de Hollande.

Propriétaire à la villa Montmorency dans le 16eme à Paris (là où Louis Sarkozy organise la manifestation en soutien à son père avant son incarcération…),  lieu de nombreuses rencontres entre politiciens et grands patrons, Bolloré reçoit Bardella, puis Marine Le Pen, et promeut l’union des droites (LR, RN et Reconquête). Il met ses éditions au service de ce projet, diffuse les livres de Bardella, Zemmour et De Villiers, notamment dans les librairies Relay implantées dans les gares dont il est aussi propriétaire. Avec ses « journalistes » tels que Morandini, Hanouna, Praux, il tente de créer un débat public axé sur les idées d’extrême droite.

Contrecarrer les imaginaires réactionnaires

Nous sommes nombreux, nombreuses à ne pas vouloir de cet imaginaire et en capacité de bâtir un contre-récit en mettant en avant les espaces collectifs existants ou à créer, contre l’atomisation de la société, pour faire contre-poids, faire société ensemble et non plus en recherchant les individualités qui réincarneraient l’alternative.

« Désarmer Bolloré » est le slogan d’une campagne initiée par les Soulèvements de la Terre. Une série d’initiatives (Évènement Levons les voiles les 24 et 25 mai dont Cerises a rendu compte) a été organisée et un prolongement existe à travers l’ouvrage Déborder Bolloré : « Face au libéralisme autoritaire, qui se présente sous la forme de grands groupes éditoriaux-médiatiques en compétition, il nous faut penser notre multiplicité, ses spécificités et ses modes d’intervention. Contre la concentration, il nous faut penser la dispersion. »[1]
Faisons fructifier ces initiatives.

Sylvie Larue

[1]    https://deborderbollore.fr/

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