Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

Faut-il baisser les impôts ?

L’exemple polonais

Comme chacun sait, le déficit budgétaire français pose problème. Alors que les services publics (Santé, Éducation, Logement…) vont de mal en pis pour des raisons financières, la droite et l’extrême-droite françaises, le MEDEF veulent remédier au problème de la dette en réduisant les dépenses sous prétexte que la France est championne de l’Union Européenne dans les prélèvements obligatoires.

Il y a huit mois, je me suis rendu en Pologne, où les prélèvements obligatoires étaient bien moindre qu’en France : 35% du PIB* contre 48% à la France*. Mais à quel prix ! :

– les indemnités de chômage étaient au plus de 1994 zlotys* (351 €) par mois pour une durée, au grand maximum, d’un an. Il n’y avait pas l’équivalent du RSA.

– la pénurie de logement était de 32,5 % supérieure à celle de la France*. De plus, il n’y avait aucune allocation logement.

– les pensions de retraites n’étaient que de 24% des derniers salaires* et le minimum vieillesse que de 665 €*.

Faut-il alors abaisser les prélèvements obligatoires au niveau de la Pologne, ou les augmenter sur les riches pour satisfaire les besoins de l’ensemble de la population ?

Pourquoi ça baisse?

Le traité de Lisbonne de 2007, excluant quasiment tout moyen d’uniformisation européenne en matière sociale et fiscale aboutit à une course entre les différents États européens au moins-disant sur ces questions afin d’attirer les entreprises. Combien d’entreprises françaises n’ont-elles pas été délocalisées en Pologne ! Rappelons que c’était notamment contre l’absence d’Europe sociale et fiscale qu’en 2005 les Français avaient par référendum rejeté le traité constitutionnel européen, dont celui de Lisbonne n’est que la copie ; le président de la République de l’époque, le voyou Nicolas Sarkozy, se gardant bien cette fois de soumettre ce dernier accord à l’assentiment populaire ! C’est la « démocratie » française !

Jean-François Le Dizès

* Sources chiffrées

La justice fiscale, sociale écologique,
un enjeu pour une société démocratique

L’impôt et les ressources sociales sont le moyen par lequel une société organise l’accès de toute la population aux services publics, garantit une protection sociale et économique et finance les solidarités. Pilier de toute démocratie digne de ce nom, le consentement à l’impôt est donc solide lorsque la politique fiscale et budgétaire est juste et efficace. Ceci suppose qu’elle permette effectivement de financer une action publique accessible et à la hauteur des enjeux, de réduire les inégalités mais aussi d’inciter à favoriser des comportements sociaux, environnementaux et économiques vertueux. Lorsqu’il est juste, c’est-à-dire qu’il remplit ses objectifs, l’impôt finance le « vivre ensemble ». En cela, la justice fiscale et la justice sociale sont historiquement intimement liées. S’ajoute désormais la question de la bifurcation écologique qu’une fiscalité juste doit aussi prendre en charge.

Cet article fait partie du dossier :

Horizons d'émancipation

Sauver les riches ?

Au secours les riches vont partir !Le MEDEF organise un grand meeting. Le patronat monte au créneau parce qu’on parle de taxer les riches… Si on ...
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