Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

Ce n’est qu’un début…

Le 10 septembre, les mobilisations qui suivent jettent une lumière nouvelle sur la situation.

Qui a engendré le 10 ? Les invisibles. Comme hier les Gilets Jaunes. Monsieur et Madame Tout Le Monde sont organisateurs et font l’actualité. Donc entrée libre. Les syndicats embrayent. Le caractère large du rassemblement populaire favorisant l’unité syndicale.

Tous dénoncent les vrais parasites : les capitalistes, les marchés financiers, les dividendes distribués aux actionnaires, ceux qui pillent les richesses du travail et ne contribuent pas aux biens communs. La lutte des classes s’actualise d’autant que grandit chez les salarié/es la conscience de leur apport à la société. On ne supporte plus de dépendre de décisions autoritaires. Les tenants du système s’inquiètent. La crise politique s’approfondit. Le PS découvre qu’il faudrait taxer les grosses fortunes alors qu’il ne l’a pas fait lorsqu’il en avait le pouvoir. Le RN clame la défense des petits mais épargne les capitalistes. Mélenchon multiplie les rodomontades et divise. La demande de la taxe Zucman témoigne de la brèche ouverte par l’exigence du partage des richesses mais en reste à un côté replâtrage. Mais la brèche est là. Et que fait-on avec une brèche ?

Les mouvements touchent à l’édifice de la société, bousculent ses structures, voilà qui est une définition de la politique. Lorsque les femmes réclament une égalité salariale, ce n’est pas qu’un mouvement social, c’est une exigence existentielle qui interroge les fondements de la société. Et les migrants ? Et les chômeurs ? Des pans entiers de la société remettent en cause ses fondements. Dans une lutte comme celle de la retraite, s’agit-il d’un conflit entre forces opposées ou entre conceptions de la société opposées ?

On voit combien la distinction social/ politique est une amputation qui relègue le mouvement populaire au guichet des réclamations et laisse la construction des réponses aux élites chargées de penser et de décider à notre place.

Il y a une double frontière à franchir : passer de la protestation à l’élaboration d’objectifs transformateurs et s’auto-considérer comme force décisive pour faire passer ses objectifs dans la réalité et dans la loi sans se mettre en situation d’attente à l’égard des formations politiques. « A la rue d’écrire le budget » dit la CGT. Sans attendre le débat budgétaire « là-haut » au Parlement, nous pouvons exiger que les fruits du travail reviennent au monde du travail, à ses besoins, à toute la société. Ponctionner les dividendes des gros actionnaires créés par le travail et récupérer les 270 Milliards de nos impôts offerts aux grosses entreprises. Ce faisant, je finis par réaliser moi, si souvent méprisé, que je deviens la force décisive.

Pour nous, « simples gens », il n’y a d’émancipation politique qu’en s’affranchissant de  toute médiation institutionnelle. Il ne s’agit pas de rêver mais d’explorer l’inconnu et d’inventer car il y a une chose que les capitalistes peuvent entendre : c’est la peur de tout perdre. On perçoit déjà leur inquiétude dans les médias.

Le blocage du système par tous les bouts est une arme qui peut devenir redoutable. Occuper la rue, un lieu ou une entreprise : pour protester ou pour en faire un lieu de pouvoir ? Ce n’est pas le même agir. Ici le mot pouvoir est d’abord un verbe : Pouvoir imposer. Ainsi le mouvement populaire devient la condensation des multiples mobilisations.

Il en sort une dynamique dégagée de la temporalité électorale, transformant les manières d’agir car transformant les manières de penser et de se penser soi-même. Les mouvements féministes ou ceux des banlieues en font la démonstration : Je suis libéré/e en m’engageant avant même d’avoir gagné, et là j’existe pour ce que je suis réellement.

Pierre Zarka

L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), déjà peu élevé, a été remplacé par un minuscule impôt sur le patrimoine non professionnel, qui bénéficie d’encore plus d’exonérations que l’ISF et dont les taux sont encore plus faibles ; pour bien se rendre compte, il rapporte 10 fois moins que les taxes foncières (2,7 milliards contre 26).

Selon des révélations du Canard Enchaîné reprises par Gabriel Zucman, le taux d’imposition effectif de Bernard Arnault s’élèverait à moins de 14% sur ses revenus totaux annuels, estimés à 1,3 milliard d’euros. Ce taux de 14% correspond à celui appliqué à un couple sans enfant gagnant 150 000 € par an.

CGT Finances publiques

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