J’ai 31 ans, je suis la mère d’une jeune enfant. Cela fait 6 ans que je travaille dans l’insertion professionnelle. Aujourd’hui, je prépare une VAE pour le Diplôme d’État d’Assistant de Service Social et termine mon Master 2 en Recherche en Travail Social.
J’aimerais qu’on puisse ralentir notre rythme. Avoir le temps de prendre soin de nous, des autres. Avoir le temps d’apprendre à se connaitre, d’avoir la possibilité de tester, d’échouer et de recommencer. Avoir le temps de faire des rencontres, de contempler ce qui nous entoure, de nous reconnecter à la vie et d’y prendre du plaisir.
Je dirais que d’une manière générale, je me sens bien dans tous les collectifs dans lesquels les personnes sont respectueuses, tolérantes et honnêtes. Je crois sincèrement en l’intelligence collective, en l’Éducation Populaire. On a beaucoup à apprendre les uns les autres.
Mon engagement est le respect des droits humains qui est, selon moi, un carrefour des luttes dans lesquelles je suis engagée, comme la lutte contre l’exclusion et les discriminations et la protection de l’environnement.
La lutte anticapitaliste me paraît prometteuse. Hormis une petite élite, je pense qu’on est collectivement (nature comprise !) épuisé par le capitalisme et qu’il faut que ça s’arrête pour repartir sur de bonnes bases. La loi du plus fort qu’il nous impose nous mène rapidement dans le mur.
J’ai entretenu, et j’entretiens toujours, des rapports multiples avec des organisations associatives (en tant que salariée, bénévole, adhérente ou donatrice). Elles sont essentielles aujourd’hui pour pallier les défaillances de l’État, malgré les menaces financières qui pèsent sur elles.
Par ailleurs, j’ai été syndiquée, mais j’ai dû résilier mon adhésion à la suite d’un changement de situation professionnelle. J’attends de la stabiliser pour adhérer à nouveau. Les membres étaient très réactifs et accueillants.
Enfin, en ce qui concerne mon rapport avec les organisations politiques : disons que j’ai essayé plusieurs fois de contacter le comité le plus proche de chez moi, sans succès, pour pouvoir adhérer à l’une d’entre elles. Ce qui est malheureusement un peu frustrant et démotivant.
Il y a souvent des jeux de pouvoir qui s’y jouent et qui reproduisent les rapports de domination que l’on peut voir dans le reste de la société. Pour moi, il n’y a pas vraiment de secret, pour faire émerger de nouvelles (et réelles) perspectives, il faut une grande mixité dans les instances décisionnaires. Il faut faire preuve d’humilité, écouter ceux que l’on entend moins (les femmes, les minorités, les jeunes, etc.), mais, aussi et surtout, les laisser décider et les laisser agir.
Propos recueillis par Patrick Vassallo



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