Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

Brève histoire de l’inflation

L’inflation est la hausse générale et durable des prix. Dès l’antiquité, on trouve des chroniques mentionnant l’augmentation des prix des denrées alimentaires. Les hausses importantes des prix ont parfois eu des conséquences politiques violentes qui ont engendré  révoltes, émeutes, révolution.

Les économistes expliquent que plusieurs causes peuvent provoquer la hausse des prix : un écart important entre l’offre et la demande, mais aussi la confiance que les acteurs économiques ont dans la monnaie. Ainsi pendant une très longue période, la monnaie en circulation était faite avec des métaux précieux. Ces pièces de monnaie reposaient sur la confiance des citoyens en l’autorité politique qui l’émettait (monnaie fiduciaire). D’où les marques imprimées sur les pièces avec le plus souvent au départ les têtes des empereurs, des rois… La remise en cause des pièces venant d’un empire pouvait alors être perçue comme la remise en cause de la légitimité et de la souveraineté de cet empereur. À partir de cette époque, la corruption/falsification de monnaie a toujours été sévèrement punie car elle revenait à décrédibiliser l’entité émettant la monnaie et, par extension, la confiance en cette monnaie. Le principe d’une monnaie repose donc sur la confiance qu’on lui accorde et surtout sur la croyance que cette monnaie représente une valeur.

Dès le Moyen-Âge, les rois veulent asseoir leur pouvoir monétaire en instaurant une monnaie unique. Jusqu’au XIIIème siècle, l’organisation féodale du royaume de France autorisait les seigneurs à battre monnaie pour le roi, ou à battre leur propre monnaie. Mais Philippe Auguste cherche à centraliser le royaume pour mieux le contrôler. Seul le Souverain a le pouvoir de « battre monnaie ».

Au Moyen-âge dans plusieurs pays européens (la configuration des États d’alors est très éloignée de ce que nous connaissons aujourd’hui), l’inflation est due entre autres à la dépréciation des monnaies. 

Au cours du 19ème siècle, excepté entre 1810 et 1815 (guerres napoléoniennes), les périodes inflationnistes sont limitées dans le temps et inférieure à 10% avec une très forte accalmie dans le dernier ¼ du siècle.

Le 20ème siècle connaît quant à lui deux périodes de très forte inflation – les deux guerres mondiales – pouvant atteindre 55%. A la Libération, les gouvernements successifs ont pris des mesures de blocage des prix avec des tickets de rationnement pour les principales denrées alimentaires. Le développement des services publics a permis un contrôle des prix et dans le même temps le monde du travail a gagné l’échelle mobile des salaires afin que les travailleurs n’aient pas une érosion de leur pouvoir d’achat. 

En revanche la période qui va de 1970 à 1990 a connu une période d’inflation supérieure à 10% liée au choc pétrolier. Il a été mis fin à l’échelle mobile des salaires (Giscard-Barre-1979) en invoquant le fait que l’ajustement des salaires sur l’inflation créerait un déséquilibre monétaire. L’ère néolibérale veut renverser la tendance du partage de la valeur ajoutée en faveur des salariés pour contrebalancer ce que Marx appelait la baisse tendancielle du taux de profit. Pour ce faire, Mitterrand et Bérégovoy pratiquent la politique de « désinflation compétitive ». Il fallait préparer l’économie française au traité de Maastricht, qui consacre la monnaie unique européenne et l’indépendance de la banque centrale.

Après une longue période d’inflation à un niveau relativement bas, nous connaissons depuis 2022 une inflation autour de 6% (hors énergie).

La financiarisation de l’économie et la recherche d’une rentabilité très élevée du capital contribue au désordre monétaire et financier que nous connaissons aujourd’hui.

Daniel Rome

Inflation

On parle d’inflation lorsque les prix augmentent globalement, et non uniquement les prix de quelques biens et services. Quand tel est le cas, avec le temps, chaque euro permet d’acheter moins de produits. Autrement dit, l’inflation érode progressivement la valeur de la monnaie. On parle généralement d’inflation rampante en-dessous de 10%, d’inflation galopante à partir de 10% et d’hyperinflation dans les cas de croissance extrême du taux d’inflation. L’inflation est calculée par les institutions européennes grâce à l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). L’inflation annuelle s’établit ainsi à +5,2 % en 2022, selon l’Insee. Selon les données publiées par l’Insee chaque année en janvier pour l’année précédente, l’inflation s’est établie à 1,6 % en 2021 et à 0,5 % en 2020, après 1,1 % en 2019 et 1,8 % en 2018.

Déflation

La déflation est l’opposé de l’inflation. A l’inverse de cette dernière, elle se caractérise en effet par une baisse durable et auto-entretenue du niveau général des prix. 

Désinflation

En économie, la désinflation désigne une réduction de l’inflation, dans le cas où celle-ci reste néanmoins positive, ou dans le cas d’un ralentissement de la hausse des prix. Par exemple, un pays a connu une désinflation si l’inflation, le rythme d’augmentation des prix, est passée de 10% par an à 3% par an. La désinflation ne doit pas être confondue avec la déflation, qui correspond à une baisse des prix pendant une période prolongée. La déflation est donc l’opposé de l’inflation, alors que la désinflation désigne une période où l’inflation diminue.

Hyperinflation

L’hyperinflation est, en économie, une forme atypique d’inflation qui se manifeste par une hausse extrêmement rapide des prix qui tend à éroder la valeur réelle de la monnaie d’un pays. Les agents économiques ont alors tendance à fuir devant la monnaie, c’est-à-dire que le contrat de confiance est rompu, entraînant une forte thésaurisation, une accélération des transactions financières vers des devises ou des valeurs fortes et stables. Ça a été le cas en Allemagne dans les années 20 ou plus récemment en Argentine ou au Brésil. Des phases d’inflation supérieure à 100 % par an ont été notamment observées : en France, entre 1718 et 1720, au moment du système Law ou entre 1796 et 1797, au moment de la fin des assignats : à la mi-août 1796, les prix avaient grimpé de 304 %.

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Horizons d’émancipation


Inflation, le casse du siècle ? 

Depuis maintenant plus d’un an l’inflation est de retour avec son cortège de difficultés pour la grande majorité des personnes. Les explications auparavant mises en

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