Esprit de suite

NUPES, Espoir, portée, limites…

Le moment électoral convoque les plumes de cerises. Chacun, chacune a confié ses réflexions à son journal préféré. On en trouvera ci-dessous quelques éléments.

L’entièreté des propos est disponible dans la rubrique forum du site de Cerises la coopérative.

Pour Makan Rafatdjou, la dynamique politique populaire  reste à construire […] la possibilité de cette majorité reste presque totalement dépendante des accords programmatiques (mais aussi distributif de places et financiers!) certes importants mais entre appareils et en vase clos. Voir une partie du PS d’accord pour voter l’abrogation des lois El Khomry ne relève pas seulement d’une délectable revanche politique, mais d’un renversement de rapport de force bien plus important! Mais nous savons qu’en toute logique le compromis possible ne sera pas à la hauteur du programme nécessaire !

Donc on peut estimer que, face à aux attentes sociales, cet accord comme une première riposte à la déferlante néolibérale depuis des décennies et à l’hégémonie macronienne est une avancée réelle et une chance à saisir.  Mais pour qu’il ne demeure pas un «  accord statique  » […], il faut qu’il constitue une impulsion pour :

[…] que  cette «  union populaire  » procède d’un véritable «  élan populaire  » indispensable à sa concrétisation comme majorité électorale (re)donnant d’ores et déjà au parlement une fonction de gouvernementalité réelle dans un régime présidentiel,

[…] que cette majorité portée par un élan se prolonge par une véritable «  dynamique politique populaire  » sur la base de luttes écologiques et mouvements sociaux à mêmes de construire et porter plus haut et plus loin les exigences démocratiques d’une rupture systémique avec l’ordre existant qui n’est pas (encore  ?) à l’ordre du jour des programmes concernés.


Henri Mermé souligne que la candidature NUPES de Caroline Mecary sur la 7eme circonscription de Paris convoque la radicalité, ravive l’engagement militant.

 […] les groupes militants se sont reconstitués.  […] ce phénomène s’est accéléré pour l’élection législative avec l’arrivée en masse de jeunes militant.es en général n’ayant pas d’expérience du militantisme politique, souvent trentenaires et en particulier de jeunes femmes motivées, actifs et actives maitrisant aussi bien les moyens modernes de communication que réinventant la pratique du porte à porte.

[…]cette campagne est loin de correspondre aux schémas imaginés par les militants.es «  historiques  » de la gauche alternative sauf sur un point décisif  :  la nécessité réalisée de l’unité des gauches surtout lorsque le point d’équilibre de celle-ci penche vers la «  radicalité  ».[…]  mais le choix d’y participer surtout si des expériences allant dans le même sens ont lieu dans un nombre significatif de circonscriptions, semble celui qui devrait s’imposer aux partisan.es d’une alternative post-capitaliste qui reste un horizon à construire.  


Laurent Eyraud-Chaume, comédien est des premiers signataires de l’appel « Faire culture, une cause commune »  initiée par 230 Artistes, acteurs culturels, militant-e-s associatifs et de l’éducation populaire…

[…] nous voulons investir la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale. C’est un rassemblement inédit qui donne à espérer. Nous le soutenons.

Avec gravité, car la droite au pouvoir entend poursuivre son œuvre de sape des conquêtes sociales, de bradage des services publics, d’accroissement vertigineux des inégalités. Avec gravité, car les idées nauséabondes de l’extrême-droite ont encore gagné du terrain. Avec gravité, car l’humain est mis en péril par le saccage de sa planète et de ses cultures.

 Avec joie, car cette union est le moyen d’infliger au plus vite aux logiques capitalistes le camouflet électoral qu’elles méritent et de renverser le cours de l’histoire au profit du plus grand nombre et d’une société en harmonie entre les humains et avec la nature. Avec joie, car nous retrouver et reprendre langue dans la diversité de nos approches et de nos histoires nous fait du bien ! Avec joie, car replacer la question culturelle au cœur de cette campagne nous permet de libérer les mots, les signes et les imaginaires trop longtemps détournés par l’uniformisation marchande.


Catherine Destom Bottin, en campagne et avec la charte démocratique à Pontivy :

À Pontivy Marie-Madeleine Doré Lucas rassemble une équipe NUPES très plurielle …

La magie de la NUPES opère-t-elle ? Je ne sais pas, mais la diversité de cette équipe de campagne est le gage fondamental de son efficacité. Ainsi l’annonce, l’explication de mon boycott de l’élection présidentielle a eu sa part de rajout à la pluralité de l’équipe…

La proposition de charte- de l’élu/e m’a valu des questions et des manifestations de sympathie parmi les plus jeunes. La candidate a notamment souligné son accord avec cette partie-là de la charte : « Votre agenda de député doit venir d’en bas. Des AG mensuelles des électeurs, électrices, ouvertes aux femmes et aux hommes vivant en France sans avoir le droit de vote, doivent donner le tempo. Acceptez-vous de […] rendre compte de votre mandat en reprenant les propositions de vos électeurs  et électrices  ».


Sous le titre « un anticapitalisme à usage immédiat », Pierre Zarka souligne le fondamental guère convoqué par la gauche si rassemblée soit elle …

[…] Aujourd’hui près de 70% des profits de PSA ne viennent plus de l’automobile mais d’actions spéculatives. Ce que l’on a appelé le «  compromis fordien  » n’est plus d’actualité. La question du pouvoir d’achat est directement dépendante du pillage des richesses publiques. Le capital est confronté à un rythme plus élevé du renouvellement des connaissances et donc des machines, qui appelle une plus haute qualification un renouvellement incessant de leur connaissance de ses employés. […]

 Comment alors se fixer des objectifs qui se situent hors du champ de l’horizon d’une société gérée par le capitalisme sans être « hors -sol »?

 Il s’agit d’inscrire l’anticapitalisme comme moments de réponses aux urgences et revendications concrètes. Ce n’est qu’au détriment de ce que les capitalistes appellent le retour sur investissements que la RTT, l’augmentation des salaires ou le développement des services publics peuvent être sérieusement envisagés. Ce n’est qu’en socialisant une part réelle des profits que ces revendications peuvent être satisfaites. Il ne s’agit pas dans mon esprit de la remettre à plus tard ni d’espérer que le système tombera de lui-même mais au contraire de faire de l’affaiblissement du capitalisme un objectif à la fois concret et immédiat.

[…] A l’opposé du tout ou rien, viser haut permet de commencer à tracer un chemin de conquêtes nouvelles. Tout de suite. »

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